27/06/2004

le syndrome du mouton... ou de la saucisse!

Chacun a sans doute déjà éprouvé cette désagréable sensation de faire partie d'un troupeau de moutons et ce dans les circonstance les plus diverses: dans un bouchon à l'heure de pointe où des milliers dégoismes en mono-bagnole se croisent, à la sortie de la gare centrale entre 8h et 9h du matin, en période de soldes chez Zara(en l'occurence ici il s'agit d'un troupeau dopé et survolté),à la caisse d'un supermarché en secouant compulsivement son unique bouquet  de persil derrière une file de caddies-odes-à-la-superconsommation.

C'est un sentiment bien étrange, pénible et rassurant à la fois, qui nous aliène et nous réconforte en nous donnant l'illusion de faire partie du groupe, de suivre notre instinct social dans une course effrénée et impitoyable vers une idée formattée du bonheur.
Cette aliénation de la vie moderne est génialement décrite dans un film que je considère comme culte:
koyaanisqatsi.
Un film sans parole où la folie urbaine est l'héroine sur fond de musique tantot opressante tantot triste comme un adieu, un film sur l'exclusion, sur le mépris de la terre, sur la folie du quotidien.

Une image de ce film reste gravée dans ma mémoire: un parrallélisme inquiétant entre des images accelérées d'escalators bondés et de saucisses sortant d'une quelconque usine de fast-food, un parrallélisme quasi-obscène...

Et l'on se prend à réfléchir et à refuser le mot normal.Rentrer dans le moule serait-ce une fin en soi?
J'essaie de croire que non, que nous ne sommes pas des moutons, qu'en grattant la surface vernie de chaque individu s'offrirait à nous un monde de complexité, des fractales de sentiments et d'idées entremêlées
Il n'empêche que les visages résignés de koyaanisqatsi me hantent tous les jours.


11:52 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

On se sauve comme on peut j'ai une deuxième vie que je m'invente rien que pour moi et que je vis dès que l'autre le permet (justement dans les situations que tu décris : embouteillage, file d'attente etc...). Ca aide à accepter

Écrit par : poulpy | 27/06/2004

J'ai pensé au film en lisant les premiers mots de ton post. Je me souviens l'avoir vu avec Philip Glass jouant live. Un grand moment.

Écrit par : General Pattern | 28/06/2004

Damn' !
Je voulais faire un commentaire extatique à propos de la musique de koyaanisqatsi, mais le General P. m'a devancé...
Anyway : grand film, grande musique...

b.

Écrit par : bergm4n | 28/06/2004

.... juste un commentaire....à tenter de se distinguer de la norme, ne nous faisons nous pas irrémédiablement récupéré ? Grand débat....

Écrit par : movida | 29/06/2004

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