23/08/2004

Madeleine...

Je me souviens du rituel du samedi, rituel immuable qui rythmait les semaines et tissait le fil du cocon de l'enfance.L'une de ces petite habitudes anodines alors et qui vous paraissent chargées de symboles par la suite.
Nous nous levions tot avec mon père pour notre petite escapade matinale jusqu'à la place Ibn Yassine.

Là notre première escale était pour "la boulangerie française".Le patron nous accueillait chaleureusement et savait d'avance que nous allions prendre des petits pains aux chocolat, des croissants et quelques baguettes.Il en profitait toujours pour nous raconter quleques anecdotes à propos du métier ou de son apprentissage "du temps des français".
Il me faisait un peu peur avec son visage à moitié brulé, séquelles d'un incendie qui avait ravagé la boulangerie quelques années auparavant.
Il avait fallu tout reconstruire au grand dam des habitués qui n'hésitaient pas à vanter les qualités de la meilleure baguette de Rabat; rendez-vous compte la boulangerie mythique de la place Ibn Yassine avait failli disparaitre.
 
Parfois, pris par une gourmandise subite nous commandions des tartes aux citons meringuées et des mille-feuille.La petite boite enrubannée où le boulanger avait délicatement entreposé les patisseries me semblaient pleines de toutes les promesses du monde!
Ah la saveur de ce mille-feuille dégusté impatiemment dans la voiture, la crème patissière autour des lèvre et ce gout de glacage persistent au fond du palais, longtemps après...
 
La seconde étape se déroulait dans la librairie/papeterie de la place où mon père sortait chargé d'un sac en plastique rempli à ras-bord de trésors: magazines féminins, hebdomadaires d'actualité, journaux pour enfants et l'innénarrable chewing-gum à la cannelle.
Las, il était temps de rentrer à la maison par le boulevard bordé de palmiers, les yeux plongés dans mes lectures , une baguette à moitié dévorée sur la banquette.Le bonheur était là, palpable, envahissant.

Le gout de cette baguette insouciante sous le soleil du sud, c'est ce gout là que je cherche éperdument depuis lors.







23:29 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

j'étais déjà en train de mourir de faim ...

Écrit par : poulpy | 24/08/2004

Le chien... ... qui se mord la queue ne mange pas.

Écrit par : Odilon Polisson | 24/08/2004

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