17/12/2004

errance

Le vieil homme marche lentement avec sa  canne.Des baskets le dépassent , d'autres les suivent puis des nuées de filles en noir courent, et encore un autre essaim de filles en noir sous le ciel maussade.La couleur c'est cher et le noir passe-partout ; en hiver la corbeaux sont dans la ville.
Le vieil homme se hâte mais déjà le tram est parti, il va falloir attendre dans le froid.D'autres baskets le bousculent, pas d'excuses.Le vieil homme rouspète en s'asseyant sur le banc.
Dans le tram les regards s'évitent, les écouteurs sont branchés, les gens font semblant de regarder par la fenêtre, qq étudiants rient à haute voix; ils ne savent pas encore, c'est le temps de l'insouciance.
Les sacs sont plein d'achats de noel mais personne ne sourit, les gsm crépitent, les regards continuent de s'éviter.Le tram bouge comme une grosse chenille jaune à travers les lumières des fêtes à venir.
Des affiches géantes annoncent que le bonheur est à portée de main, il suffit de s'acheter un nouveau soutien gorge, du champagne, un voyage au soleil, le dernier 4*4. Si si puisqu'on vous le dit.Les filles à poil se succèdent sur les panneaux l'une pour vendre de la bière , l'autre du fromage.Elles ont l'air d'aimer.
Dans le métro pareil.Une gitanne passe avec sa sébille, elle chante toujours la même chanson, les regards se font méfiants, suspicieux, les dames serrent leur sac et se détournent.La Voix impersonnelle annonce les arrêts.Des gens s'engouffrent d'autres sortent, avec des sacs , des écouteurs des livres de poche., l'équipement standard. La gitane change de wagon et recommence.
A la fnac c'est la frénesie."la force du destin" , un opéra peu connu de Verdi demeure introuvable.L'ouverture est superbe.Le vendeur irrascible m'annonce que ça n'existe qu'en extraits.Je n'aime pas les extraits, ils insultent l'oeuvre.Il s'éloigne de mauvaise humeur, c'est normal, c'est noel.Les vendeurs de Fnac sont fragiles en cette période.
Se consoler avec "Rigoletto" puis sortir sous la pluie.Les nuées noires sont toujours là encore plus chargées de sacs.
A la gare, le train est supprimé.Les gens s'énervent marmonnent des banalités à propos de la sncb.Le train suivant est donc plus que bondé.Rester debout faute de mieux, les mains gelées, fixer les rayures de la chemise en faux léopard de la dame devant, jusqu'à la somnolence.
Ma correspondance est évidemment ratée.Rester dans une gare de province , fumer cigarette après l'autre jusqu'à en avoir mal au coeur.Il faudrait arrêter, ce n'est qu'un faible paliatif à la morosité.Encore une, fixer les volutes de fumée en écoutant le chef de gare psalmodier les retards successifs.
PRendre le petit train, descendre marcher jusqu'à la ferme.Rain drops are falling on my head.
Ouvrir la grande porte, le chien a mangé le courrier.
 
 
 
 



20:05 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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