30/12/2004

les années de plomb au Maroc

Une instance nationale "Equité et réconciliation", audtionne publiquement toutes les victimes survivantes des années de répréssion de l'ère hassanienne.Les témoignages sont éprouvants, la douleur est toujours là, les descriptions de tortures vous font palper l'horreur, là à portée de main dans un pays que pourtant vous conitnuer à aimer parce que sa terre coule dans vos veines.
On a demandé aux anciens bagnards, prisonniers et autres détenus arbitraires qui ont perdu des décennies de leur vie , de ne pas citer les noms de leurs bourreaux...Ce grand show de réhabilitation va-til réellement atteindre son but, à savoir rendre un peu de dignité à ces hommes courageux qui sont encore debout? et les morts tous ces morts qu'en fait-on...?Ces familles brisées, ces enfants qui n'ont connu ni père ni mère, tous ces marocains morts à petit feu pour leurs idées..
Une impression d'immense gachis... toute une génération a été sacrifiée, une génération qui se battait pour ses idées, une génération où les filles en mini-jupes buvant du café sur les terrasses et  les garçons en cheveux longs voulaient reconstruire un pays, s'approprier leur destin.Et ils y croyaient , ils ys croyaient parce que c'était possible, qu'ils avaient la passion pour le faire..
Jusqu'à ce que la poigne de fer les rattrappe, sous l'oeil impassible (voire complice!)des démocraties occidentales.
Dans les belles montagnes de l'atlas et derrière les pitorresques villages berbères du sud, sait-on que les bagnes prospéraient?
.C'était notre mai 68 à nous, sauf qu'en face il y avait les bourreaux
Mais déjà bien avant les sixties, le pouvoir avait ses petites habitudes,la moindre once de soupçon de révolte ou de volonté de réforme était réprimée dans l'oeuf.Des vieillards viennent en parler aujourd'hui, la voix frêle mais le souvenir à vif.
Des années de silence, tout le monde savait mais la terre continuait de tourner n'est-ce pas.
Moment d'intense émotion donc pour ces auditions publiques, retransmises à la télévision (c'est une première!), parfois indescriptibles quand les victimes disent croiser encore leurs anciens tortionnaires,jamais poursuivis, toujours libres comme l'air.
L'Histoire comme d'habitude sera seule juge, mais comme elle est écrite par les vainqueurs...
 
" A Derb Moulay Chrif, dans ce haut lieu de torture, elles n’étaient plus des femmes. Leur identité féminine a été soigneusement niée, effacée, gommée. Leurs geôliers leur avaient donné des noms d’hommes, suivis de numéro. C’est ainsi que Fatna El Bouih n’était plus qu’un « Rachid n° 45 » tandis que Latéfa Jbabdi ne devait plus répondre qu’aux noms de Saïd, Touil ou encore Doukkali. Là-bas, dans cette longue nuit, « une nuit blanche, une nuit noire, une nuit sans nuit et pleine de nuit », les femmes n’étaient plus des femmes. Juste des corps blessés, des plaies béantes, surveillées par des hommes. Exclusivement. " extrait de: Des Marocaines dans les années de plomb : quand la détention politique se conjugue au féminin
 
Le site officiel de ' Instance Equité et Réconciliation











10:25 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Extraits "une génération où les filles en mini-jupes buvant du café sur les terrasses et les garçons en cheveux longs voulaient reconstruire un pays, s'approprier leur destin." ... "Jusqu'à ce que la poigne de fer les rattrappe, sous l'oeil impassible (voire complice!)des démocraties occidentales."

En prenant le train en route on pourrait croire que tu parles de... la Turquie.

Écrit par : SFo | 31/12/2004

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