20/02/2005

Kirkegaard et moi.

Je viens de lire un roman de l'excellent David Lodge, Therapy(en fait de relire, ça m'arrive souvent ça, je rachète des bouquins que j'ai déjà lu il y a un bail et puis en les lisant des reminiscenses de précédentes lectures me reviennent et je rentre alors de nouveau dans une espèce de twilight zone spécial rat de bibliothèque, rhaaaaaaa mon projet dans la ferme est d'avoir une pièce à moi avec des bouquins jusqu'au plafond et un bon vieux fauteuil anglais vert bouteilles usée par mes fesses).
Bref revenons à Soren  Kirkegaard, qui se prononce en fait "Seuren Kirkegoor" et dont le nom veut également dire cimetierre en Danois, punaise déjà tragique on le sent le destin.
C'est l'histoire d'un type de l'époque victorienne à Copenhague, plein aux as(père riche) qui décide très jeune de rompre avec sa fiancée parce qu'il se persuade qu'il sera malheureux en mariage, qu'il se voit déjà vieux contemplant leur amour de jeunesse naissant et qu'il ne veut pas de l'usure du temps.Tout cela bien qu'étant amoureux fou de la demoiselle et qu'elle le lui rende bien.Il rompt donc au moment même ou celle-ci se remarie ce qu'il lui procure un soulagement intense et une douleur fulgurante et chronique.
Résultat des courses: des dizaines de bouquins sur la l'indécision, la place de l'homme dans l'univers, l'indécision, le destin et surtout la mélancolie chronique.Ca donne des titres du style "Ou bien .. ou bien", "Craintes et tremblements", bref pas très joyeux  tout ça, mais c'est tout de même le père de l'existentialisme.
Bon tout ça pour dire que ce type a décrit deux sortes de dépressifs: les malheureux par le souvenir et les malheureux par l'espoir.La première catégorie cherche inlassablement à retrouver un bonheur perdu souvent lié à l'enfance et l'innocence, la deuxième se persuade que le bonheur est dans un avenir lointain impossible à atteindre.
HMMMMMMMM je fais certainement partie de la première catégorie, quelle révélation! i ama not alone in the universe! Mwais ça peut sembler banal mais qu'un type de l'ère victorienne ait déjà  décelé ça, c'est réconfortant.
Tout cela ne m'aidera pas beaucoup dans les entretiens d'embauche.Vite une petite séance de corporate buzz words!


13:08 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

Il existe une solution Face au dilmne de vivre dans la nostalgie du passé ou dans l'espoir (désespoir) du futur, il existe une solution. Elle est simple. Vivre dans le présent.

Écrit par : TheLifeOfBrian | 21/02/2005

Thérapie Ah ah, Lodge m'avait donné l'envie de découvrir Kirkegaard, mal m'en a pris... Je ne me rappelle plus le titre du bouquin que j'avais commencé, mais au bout de 20 pages lues dans le métro je chialais comme une madeleine et j'ai abandonné le livre sur la banquette...

Écrit par : Bouc | 21/02/2005

bouc idem:) Trop dur de lire le danois existentialiste:)
TheLifeOfBrian: ben oui c'est ce que je me dis tous les jours mais je suis arabe et nous avons une passion ancestrale pour l'élégie, la nostalgie etc:)))
Au fait bouc je suis au même stade question vie professionnelle: y a des jours où cultiver mon potager me semble la seule chose intéressante de l'univers!

Écrit par : supertimba | 21/02/2005

Un jour "avec" Et bien j'aurais appris quelquechose aujourd'hui. J'ignorais que la nostalgie faisait partie de la culture arabe. La journée est donc déjà bonne grâce à toi.
Tu as raison. Cultive ton jardin intérieur. L'existence professionnelle est à la vie ce que l'esclavage est à la liberté.

Écrit par : TheLifeOfBrian | 21/02/2005

thelifeofbrian Le poésie arabe classique celèbre beaucoup le vin(si si:)), l'amour r^évé facon roméo et juliette et le culte du passé glorieux:)
Mais bon j'avoue que perso j'ai toujours été attirée par l'élégi depuis que j'ai découvert joachim du bellay à 15 ans et très très fortement depuis que je suis expatriée...

Écrit par : supertimba | 21/02/2005

Miamiam Quelle femme raffinée tu fais ! C'est un régal et une leçon d'humilité dans son meilleur sens du terme. Je n'ai jamais lu du Bellay et certainement pas à 15 ans. A cet âge je me contentais de Vian.

Écrit par : TheLifeOfBrian | 21/02/2005

du bellay ben c'était au programme du cours de français tu sais:)
Quand à vian l'écume des jours m'a faot l'effet d'une gifle à la même époque, doublée d'un sentiment de malaise comme si j'étais passé de l'autre côté du miroir...Je l'ai relu depuis avec un ravissement intense.
Je voue une admiration sans borne à vian de toute façon c'est mon idéal:))
Ingénieur, jazzman, poète et écrivain, Booooooooooris pourquoi tu nous a quittééééééééééééééé:(

Écrit par : supertimba | 21/02/2005

Ideal J'avoues que c'est assez mon ideal.

Écrit par : TheLifeOfBrian | 21/02/2005

bonjour, je passais par ici et je lis avec délectation ces lignes sur Kierkegaard. Je relis en ce moment le "Journal d'un séducteur", qui est d'une cruauté légère et parallèlement je me lance dans une biographie de Lars von Trier. Le Danemark est un de mes dadas...
A plus tard

Écrit par : polaroids | 23/02/2005

bonjour polaroids:) figure-toi que je l'ai acheté mais pas encore lu ce journal du seducteur, mais je vais m'y mettre!

Écrit par : supertimba | 23/02/2005

existentialiste chretien. juste un truc sa fiancée est juive et il est le pere de l'existentialisme chretien. Sartre lui est le dieu de l'existentialisme athé.
apparement apres la rupture avec son amante il a été boudé par le socièté, en tout les cas l'intelligence née avec la confrontation.

Écrit par : sean-penn | 06/06/2005

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