30/04/2005

Ce que je découvre à Rabat en ce moment...(3)

Le type finit par lacher prise en voyant que ses efforts sont vains.Il sort sans acheter la moindre sbardila.
Je quitte l'univers artificiel de Marjane et en rentrant à a maison, je décide de prendre le bus 3 direction la medina.
Le bus est vétuste, les sièges sont étroits mais le conducteur a mis de la musique( un bon p'tit chaabi de derrière les fagots et pas de Nancy Ajram Heureusement!)et de plus il te dépose où tu veux quand il n'y a pas d'arrêt défini!
Le bus est bondé mais il y a de l'ambiance grace aux formidable sens de l'autodérision de mes compatriotes.Un étudiant raconte une blague à propos du mouton de l'aid à sa copine et c'est tout le bus qui éclate de rire.
C'est dans ces moments là que j'ai envie de rester au maroc définitivement;définitivement :l'adverbe qui terrifie et fascine tout émigré marocain.
Le bus passe devant mon ancien lycée à l'agdal, l'émotion m'étreint et les souvenirs affluent...Le trajet suit les avenues du haut agdal que je ne reconnais plus: partout des enseignes de franchises françaises et espagnoles: mango,morgan, etam, naf-naf...Heureusement que les bouquinistes sont encore là eux!
Le bus arrive à Bab el Had devant les portes de la médina.Je m'en réjouis d'avance.Les odeurs, le bruit, la musique tonitruante, l'odeur de la menthe, les rangées de dattes alignées,les appels des vendeurs de "réclame", tout ça m'a manqué!
Dès le premier bain de foule et les premières senteurs de la harira à 3dh je me sens transportée.Viva la medina!

22:26 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/04/2005

Ce que je découvre à Rabat en ce moment...(2)

Blottie dans la vieille Honda familiale,entre deux défilés de Porshe Cayenne(quand je vous disais qu'il y a eu une invasion de 4*4 pendant mon absence) au volant desquels des types-cheveux-gominés-lunettes-noires essaient d'éliminer la race des piétons,je me rends au Marjane pour quelques mini-courses.
Dans le parking des frimeuses aux grosses fesses bien serrées dans leur pantacourt conversent sur le sujet métaphysique du moment: l'ouverture d'un énorme centre commercial(Megamall) à Rabat.Il parait qu'il y a même une patinoire.Les enseignes sont variées, étrangères(Mango, Morgan,Marithé+François Girbaud etc), et se distinguent surtout par le prix exorbitant d'un simple t-shirt comparé au smic marocain.Hé oui les temples de la consommation, la nouvelle religion mondiale ont contaminé mon beau Maroc, c'était inévitable.Mais bon c'est l'évlution le développement etc...Ce que j'ai apprécié par contre dans le projet megamallien c'est que parait-il l'étude et la réalisation architecturale sont 100% marocains.Well, c'est déjà ça de gagné.
Une troisième commère se joint à la discussion: c'est une dame d'un certain age, voilée mais avec un rouge à lèvre qui concurrence la lampe du feu-rouge.Elle marche difficilement à cause de ses hauts talons et je me demande un instant si elle a conscience de l'incongruite de son maquillage " à la libanaise" sous son hijab aux tendances affichées.
Anyway je rentre dans le marjane, direction le magazin de sport car ma mère a besoin d'une "sbardila"(ndt:baskets) pour sa séance de marche quotidienne.La vendeuse me raconte sa vie: 2500dh de salaire (sachant que la sbardila de marque est à 900dh dans le magasin qui l'emploie), son père s'est "remarié sur" sa mère, la famille de son fassi de mari qui débarque à toutes les heures en exigeant des repas gargantuesques, bref c'est une chronique de la femme marocaine lambda à elle seule.
Un client dans la quarantaine rentre sur ce fait , me prend pour une française et commence à parler la langue de Molière avec une petite intonation démonstrative qui ne trompe personne
.Il nous dragouille gentiment la vendeuse et moi, surtout quand il sait que je suis une marocaine en définitive.
Suite au prochain post!

22:44 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Ce que je découvre à Rabat en ce moment...

Pfouh dès qu'on ne vit plus dans son pays natal, tout devient découverte lors des retours pour voir la smala familiale.Je me contente de redécouvrir Rabat pour l'instant, je laisse Marrackech à la jet set et Casablanca aux so-called businessmen.
Les découvertes du jour sont par ordre d'étonnement:
- le nombre incroyable de 4*4, d'immenses 4*4 comme si il y avait eu une invasion récente qui serait passée inaperçue dans les journaux.D'où vient cet argent?Qui sont ces gens qui paradent en Range-rovers rutilants avec pare-boeufs s'il vout plait!(d'aucuns me répondraient pare-chaa3b).
- au détour d'un quartier populaire (ma mère et moi on adore les souks et les vrais marchés marocains), un vendeur de vêtements "pour la maison" apostrophe la populace en exhibant des culottes avec poches!Intriguée, ma mère lui demande le pourquoi de cet accessoire inhabituel, et le vendeur de répondre que ces fameuses culottes sont turques, que les femmes turques craignent les voleurs et donc glissent tous leurs avoirs dans leurs sous-vêtements.
- le snobisme linguisitique.Je découvre une nouvelle façon de parler arabe chez les bourgeois, impossible à traduire en Français, une manière d'étirer les voyelles et de prononcer les consonnes " à l'occidentale" , souvent adoptée par les filles.Ca me donne envie de flanquer des gifles, d'autant plus que ce sont souvent les mêmes qui conduisent les fameux 4*4.
Suite au prochain post!

15:31 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

27/04/2005

Bourgeoisie marocaine

Je fais malheureusement (ou heureusement) partie de la branche intello-pauvre(c'est à dire non-millionaire en langage marocain) d'une famille bourgeoise marocaine riche, ce qui donne toujours un choc des cultures quand je reviens au Maroc visiter la smala d'oncles et tantes prospères.Ca donne lieu à cette fameuse condescendance qu'ont les riches marocains pour les intellos qui ne font pas de"business".
Avec mon père(l'intello-pauvre en question) je discute philosophie et monde diplomatique, avec mes tantes (les riches manucurées)je dois quasiment révéler ma fiche de salaire.
Aujourd'hui j'ai eu au téléphone une de mes tantes qui vient de construire une villa avec piscine palmiers et tout le toutim et qui revient d'un voyage à Paris.Première phrase de ma tante au téléphone (je ne l'ai pas vue depuis deux ans):"ils ont des catalogues de portes sympas en Belgique?Et les poignées, elles sont comprises?".C'est dans ces moments là que je me demande si je vais retourner au Maroc un jour, peut-être dans le sud aux portes du désert dans une kasbah oubliée du monde à la limite...

22:23 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

23/04/2005

en vacances jusqu'au 10 mai

in Marruecos bien entendu:)Hammam, tagines, natation, tberguig,hibiscus, forêt de ibn sina,chouchoutage puissance 10 par les parents, voilà le programme!

12:54 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

15/04/2005

Madeleine(2)

Je me souviens de la bibliothèque de mon enfance, pieX, nichée au coeur de l'Agdal près de mon ancien lycée de Rabat, au bout d'une avenue calme et ombragée propice à la flanerie sous le feuillage des bougainvillées.
Cette bibliothèque c'était mon antre, mon eden,ma porte sur le monde.
j'y allais avec mon père soit le vendredi après-midi vers 5 heures, soit le dimanche matin à 10h.Le dimanche était un jour particulier car la petite musulmane que j'étais découvrait avec perplexité les chants qui résonnaient de la petite chapelle près de la bilbiothèque.Ces chants m'apaisaient me procuraient une sensation indéifinissable d'être arrivée dans un havre, un havre de lecture où j'allais rencontrer les dieux de mon olympe.
Oh je ne les ai pas connu tout de suite ces dieux, je suis d'abord passé par le parcours classique des oui-oui(ah cher enyd blyton et cher nain potiron),comptesse de ségur(ah les bêtises déléctables de sophie)des alice detective et des asterix.J'avais le droit à trois bandes dessinées sur mon abonnement et j'avais commencé par les asterix.Les bandes dessinées c'était la petite friandise, le glacage sur le gateau, les petits bonbons à la menthe qu'on savour toujours trop vite.Je commencais à les lire dans la voiture déjà et pour les asterix je m'amusais à faire toutes les voix: une voix nasillarde pour idéfix, plus sérieuse pour asterix et je sortais un son de stentor pour obelix tandis que j'essayais d'imaginer un son chenu pour panoramix.Je riais toute seule au grand amusement de mon père qui aimait me voir plongée dans mes lectures.
Ensuite ce fut les premiers chocs littéraires, mon olympe commençait à se peupler de dieux auquels je vouais un culte sans précédent, moi le petit rat de bibliothèque , jamais sortie de son pays,qui découvrait Paris, saint-petersbourg, la californie, Rome, Londres, le Yorkshire , l'inde à travers la magie de quelques lignes noircies sur les pages blanches.
J'ai pleuré avec Cosette toutes les larmes de mon corps, j'ai été plus que troublée par ma première scène d'amour lue dans autant en emporte le vent que je cachais à mes parents parce que j'imaginais que les descriptions de baisers langoureux m'étaient interdites:), j'ai brandi l'épée vaillament avec les trois mousquetaires, j'ai souffert avec le conte de monte-cristo dans sa cellule, j'ai découvert le ravissement de la langue avec l'écume des jours, j'ai écouté les cigales de la garigue avec le petit héros de Pagnol, j'ai vécu intensément rivée à mon fauteuil les aventures d"Ulysse,j'en ai voulu aux instituteurs du Petit Chose,j'ai pleuré pour le père Goriot rejeté par ses filles, je me suis perdue dans l'immense tristesse de l'âme russe avec Dostoievsky, j'ai découvert le racisme avec Black Boy,la réinvention de langue littéraire ave l'anti-héros de Céline,j'ai toute suite voulu accompagner phileas fogg autour du monde, je faisais durer le plaisir des enquêtes d'Hercule Poirot.
Oui j'ai vibré. avec tous ces personnages qui me sont aussi familers que ma soeur ou mes parents, ils ont accompagné mon enfance et mon adolescence.Rastignac, Candide,Ulysse, Scarlett, Miss Marple,Han d'islande, le bourgeois gentilhomme,Anna Karénine sont à jamais en moi, porteurs de la vérité de la littérature qui a déjà tout dit sur l'âme humaine.
Oui j'ai vécu et vis encore dans les livres d'où une certaine déception face à la réalité...Je me souviens que quand j'entrais dans la bibliothèque pieX mon coeur battait d'excitation: qui allais-je découvrir ce jour-là, quel héros allais-je accompagner, quelle histoire allait peupler mon imaginaire et peut-être le marquer à tout jamais! je rentrais fébriles dans le monde des étagères bien rangées, avec cette légère odeur de poussière et de vieux papier ranci que j'affectionne encore.J'aimais les livres usagés c'était la preuve qu'ils avaient été lus aimés et parcourus avec des doigts aussi impatients que les miens.J'aimais cette atmosphère studieuse , cette recherche du livre comme une rencontre amoureuse, une séduction unilatérale qui allait peut-eêtre déboucher sur une longue histoire à deux.
Mes livres, mes amours, ma bibliothèque je ne vous oublie pas.La poussière des étagères est à jamais dans mon coeur.

12:23 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

03/04/2005

stage cailloux à la ferme

Oyez oyez gens de bonne volonté qui cherchez une cure de bien-être campagnard.
Venez nous aider à enlever les cailloux de mon champ derrière la grange de la ferme(l'ex propriétaire nous a avoué qu'il y a avait l'équivalent de deux petites maisons enterrées là!).Barbecue et boissons à volonté pour les postulants , à raison d'un mètre de saucisse et d'un pain maison par kilo de cailloux.
Le principe est simple: remplir une brouette de cailloux et la déverser dans une allée creusée par mon chum(ah les joies de la pelleteuse) qui mène au potager du futur.
Ceux qui rempliront plus de cinq kilos auront une option sur mes prochaines tomates violettes et courgettes jaunes
bon ben voilà j'vous attends!

17:50 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

and now ladies and gentlemen

le printemps en live à la ferme!
Bon ça ne ressemble pas encore à l'image d'épinal du cotage anglais foisonnant mais ça avance!
Pour la première fois j'observe avec émotion les bourgeons de rosiers sauvages que j'ai plantés moi-même, je suis à l'affut de la moindre pousse verte sur les pommiers du verger que nous avons crées mon chum et moi avec espoir,je guette les tentacules de la vigne verge presque religieusement, je scrute les troncs des tilleuls de l'ancienne cour bétonnée(quelle épopée c'était de casser tout ce béton et de déménager les cailloux!),bref je regarde le printemps arriver comme un miracle pour l'ex citadine des grisailles que je fus.
Au maroc nous avions un jardin mais ma mère faisait habituellement appel à un jardinier(ou plus exactement un ouvrier agricole reconverti pour cause de chomage) pour déposer du fumier, sarcler les bordures, retourner la terre, tous ces petits travaux qu'en bons bourgeois marocains nous considérions comme peu intéressants.Et puis les espèces étaient différentes: là-bas c'était le règne des hibiscus ,de la bougainvillée des palmiers ,des bananiers tout en exubérance, ici le lierre , les rosiers et le pommiers me toisent avec plus de retenue
S j'avais su que le fait de travailler la terre serait si réjouissant j'aurais commencé plus tot!
Les oies sauvages reviennent, ma chienne les contemple en grondant prudemment, les oiseaux s'égosillent, l'herbe pousse, le bonheur semble être là à portée de main ...

14:41 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |