31/01/2006

Stazen

Je suis aux usa (Stazen pour les marocophone)pour quelques jour et ce en raison d’un training professionnel dans le groupe W.

Etrange sensations et premiers impressions en vrac :

-Je sais désormais pourquoi il y a pénurie de beaux gosses dans le bureaux de Bruxelles : ils ont été distribués aux bureaux « worldwide » avec tous les clichés possibles,chose que je pensais inhérente aux séries B américaines. Il y là de grands américains fans de jogging qui courent avant ET après les cours (le résultat est visible ceci dit , intimidant !) ; des italiens reconnaissables de loin grâce à leurs chaussures, des japonais myopes et affables, des sud-américains hâbleurs et délicieusement latins, des français charmeurs et arrogants juste ce qu’il faut, des allemands très hype avec des yeux très bleus, de grands scandinaves dragueurs et rigolards. Bref la liste est encore longue. .Evidemment j’ai proclamé haut et fort que j’avais plein de projets intéressants pour eux en Belgique. Yes, yes you are welcome, indeed, just show up, what mossels, oh yeah fries and mossels.

-Pour ce qui est de la nourriture (ma troisième passion dans la vie après les bouquins et Bollywood), elle est étonnamment excellente avec buffets méditerranéens , asiatiques et des montagnes de fruits. Ok je vous vois venir : j’ai quand même trouvé le moyen de râler sur les fraises énormes et sans gout et les crêpes suzette étouffées sous le poids de la confiture, et les pates cuisson carambar.

-J’étais contente de découvrir la troisième saison de « Desperate Housewives » mais j’ai vite déchanté : TF1 passe pour une chaîne intellectuelle face aux networks américains où n’importe quoi est prétexte à une publicité débile toutes les 10 minutes.

-J’ai fait une overdose de mots « value » et « business » dernièrement.

-Les indiens des multinationales n’ont rien à avoir avec Shah Ruk Khan et se sentent offensés si on leur parle de Bollywood.

-Quelle que soit le discipline, la spécialité , le pays tous les travailleurs du groupe W ont les mêmes soucis : Comment avoir une vie privée ?mon humanisme en sort renforcé.

-Un bonheur sans mélange d’être en contact avec tant de cultures différentes d’une richesse incroyable : on se sent grandi et plus optimiste à la fin de la journée.

-And last but not least pour retomber sur terre : les toilettes à l’américaine c’est vraiment pas mon truc.

A suivre...

04:50 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

25/01/2006

Le mythe du retour

Zaventem, aéroport international de Bruxelles.

Il fait gris et froid pour ne pas changer; decidément je ne m'habituerai jamais au climat de ces latitudes.

Cramponnée à mon écharpe je grimpe dans l’avion de tous les espoirs. Ce n’est pas un simple vol, ce n’est pas un avion anecdotique, c’est l’avion qui m’emmène vers la matrice, vers la famille, vers les murailles rouges et l’odeur du cumin sur les tapis berbères, vers ma mémoire, vers mon enfance.

Je frémis de joie à l’idée de revoir cette petite pointe brune, vous savez cette fameuse pointe à cheval sur la Méditerranée et l’Atlantique, la pointe des espoirs déçus, des pateras qui courent vers un semblant d’eldorado, la pointe qui surplombe l'un des détroits les plus surveillés de la planète(Je soupire d’aise aussi à l’idée de manger du boulfaf(brochettes de foie marocaines) promis par la mamma suite à neuf coups de fils successifs la veille au soir, mais ça c’est une autre histoire).

Aéroport de casablanca, les toits de tuiles vertes ,les palmiers et déjà cette odeur familière, cette sensation singulière qui m’hérisse l’échine : home.

Et là :

Douanière : salamou aleikoum, passeport s’il vous plait.

Moi : wa aleikoumou salam, voici voici(je sors mon passeport belge).

Et puis encore moi dans un excès de zèle, typique face aux autorités de mon pays(le fantôme du gendarme à moustache n’étant jamais loin) : vous voulez le passeport marocain aussi ?

Et là, stupeurs et tremblements la douanière éclate d’un rire tonitruant et me sort :

« tu es folle ma soeur ?tu as enfin le sésame que tout le monde cherche et tu te ballades encore avec ton passeport marocain ?Au fait félicitations pour la nationalité et bonne continuation en Belgique »

Là, j’avoue que je suis passée par un de ces déphasages émotionnels propre à la quatrième dimension marocaine : si même les douaniers vous félicitent de vous être cassé, le mythe du retour au bled a encore de beaux jours devant lui!

22:35 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/01/2006

brother & brother:satire coporate de haut vol:)

C'est grace à label ash que j'ai découvert la source des petites vidéos brother and brother qui se balladent sur le net en ce moment.Vous envisagez de transformer votre boss en tête réduite?Vous revez de strategic positioning et de earned value même le week-end?Vos collègues ont les dents longue et la tête de requin qui va avec?Vous remerciez le ciel de ne pas encore avoir d'enfants pour pouvoir rester la nuit au bureau?Courez vite sur http://brother.blogs.com/bb/, jouissif!En même temps c'est de l'humour pour consultants je vous aurais prévenu!

22:14 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/01/2006

Deux soeurs:épisode 1

Chapitre 1 : la télévision.

 

D’aussi loin qu’elles s’en souviennent, Leila et Rym avaient toujours éprouvé une merveilleuse complicité à discuter devant la télévision allumée, comme si cette dernière était une vieille amie intime  qui participait à la conversation .Et du fait c’était le cas puisque les programmes diffusés leur servaient souvent de prétexte à des refontes du monde sans fin, des critiques  hilares de la société et des aventures imaginaires dont elles rêvaient d’être les héroines sans peur et sans reproche.Elles piquaient des fous rires contagieux devant  les protagonistes (le mot était souvent emphatique  face à la qualité du produit) de sitcom  américaines sirupeuses et autres feuilletons mexicains longuissimes , les meilleurs étant ceux traduits en arabe.

 

Pour la première catégorie elles  se piquaient souvent au jeu en  essayant d’imiter les héroines blondes glacées  au rouge à lèvre  indécollable , à la mise en pli impecabble même lorsqu’elles étaient plongées dans de véritables drames shakespeariens ou le père  trompait sa enième femme avec la sœur d’une des copines de sa fille ,ex petite amie de son fils dont elle était souvent enceinte à défaut de se découvrir sa sœur illégitime née de lointaines amours.

Elles avaient observés -après de longues heures de pratique intensive à « se légumer » devant ces moments de vérité universelle intenses - que ces dialogues tragiques avait souvent lieu devant une fenêtre(à jamais ouverte sur une baie californienne) où un rituel sacré se répétait  sempiternellement avec toute la ferveur de l’efficacité outre-atlantique, quel que soit le feuilleton :

1-la musique ralentissait en essayant de traduire un suspense insoutenable.

2-les acteurs se regardaient en silence avec un air d’ennui profond

3-l’une des actrices tournait le dos à son ou ses interlocuteurs et se figeait en une pose statue-grecque en plissant définitivement son visage pour le quart d’heure à venir(c’est à dire pour toute la durée de l’épisode)

4-elle énoncait d’un ton digne d’un émule platonicien : « Brenda n’aurait pas du sortir avec Johnny ».

5- l’un de ses interlocuteurs prenait un air outré et la musique se débattait dans des trémolos sans fin tandis que le zoom sur la dentition parfaitement décapée du dit interlocuteur s’intensifiait vertigineusement .

 

Ces feuilletons duraient des années et étaient judicieusement programmés après la sortie des écoles  d’où la connaissance encyclopédique des deux sœurs en matière d’amour gloire et beauté et autres  succés et persévérance.Non qu’elles se laissaient prendre à la trame stupide et totalement dénuée d’intérrêt de ces histoires rocambolesques mais l’hilarité qu’elles ressentaient à chaque épisode les transformaient finalement en spectatrices fidèles.

C’étaient quelques instant de bonheur sans mélange grapillés sur le quotidien où leurs pensées se rejoignaient très exactement devant une critique jubilatoire  de ces  vies imaginaires programmées par les marketeurs d’outre-atlantique. Les rick brian et autres massy faisaient presque partie de la famille au bout d’un certain temps.

Mais ce bonheur n’était rien comparé à celui procuré par les feulletons mexicains(ou accessoirement brésiliens) et pas n’importe lesquels mais ceux traduits en arabe ! Et quel arabe ! Une langue pure ,digne des poètes du déserts ,mise dans la bouche de quelconques casanovas  moustachus de guadalajara qui pour exprimer le laconisme suivant à leur dulcinées échevelées : »tu te casses ce soir avec moi, poupée» disaient plutot : « la lune m’a inspirée les plus douces pensées en te regardant et  j’ai l’audace de t’inviter à siroter une humble boisson qui n’est rien comparée au nectar s’écoulant de tes lèvres ». Al moutanabbi lui-même n’aurait rien trouvé à y redire !

 

L’ensemble était sublimé par le décalage constant entre les dialogues en version originale et la traduction arabe beaucoup trop longue qui rendait les acteurs plus proche des marionnettes gesticulantes tentant vainement  d’interpréter « kais et leila » ! »Le plus beau et le plus touchant dans ces longs épisodes larmoyants  de quelques 50 minutes était sans conteste les  scènes de censure ,quand le pays entier était suspendu aux lèvres des héros, oui oui embrassez-vous c’est cela oui molto piano la musica oui encore ca y est les lèvres vont se rejoindre Fatima Aicha venez vite le Baiser le Baiser mais oui le B.A.I.S.E.R je vous dis   Alexandro  va embrasser Alejandra vite vite  oullahila !… et oupla badaboum, le ciseau invisible du censeur pervers frappait encore une fois sans se soucier d’imprimer à la musique un spectaculaire effet d’accordéon , et sans même craindre -l’insolent -la vindicte  tenace de toute la gente féminine frustrée.Le public  avait fini par se  représenter ce pouvoir occulte sous la forme d’un moustachu sadique armé d’une énorme paire de sécateurs  coupant dans le vif de ses bobines mexicaines.

Mais qu’importe ! La censure n’avait aucun pouvoir sur l’imagination et elle n’empêchait guère les milliers de langues  de commenter dès le lendemain matin la fameuse scène –presque vue finalement- et de spéculer  avec délice sur les futurs malheurs des héros sud-américains.

 

Cette espèce de communion dans le commentaire  feuilletonesque touchait toutes les classes sociales : les malheurs d’alexandra intéressait aussi bien la bourgeoise casablancaise que l’épicier du coin  conférant ainsi à la télénovela un statut quasi-politique.Même ceux qui feignaient d’être blasés ou de mépriser pareilles manifestations de la sous-culture mondiale finissaient tôt ou tard par connaître des bribes de la tumultueuse saga télévisuelle,et sous le vernis  du dédain consensuel et politiquement correct ils s’enquéraient l’air de rien  des derniers déboires d’alejandro , succombant à la fièvre du potin cathodique.

Car c’était véritablement une fièvre qui s’emparait du pays à chaque nouveau feuilleton sud-américain, donnant ainsi prétexte à quantité d’histoires drôles, de chansons, de parodies qui s’échangeaient illico presto au marché du lendemain , dans les bureaux , dans les causeries des ménagères  sur leurs terrasses,dans les bus bondés, dans la longue pausé café des éternellement- accoudés aux petites tables de l’après-midi qui s’étire nonchalament dans un aromé de thé à la menthé et de café corsé. Bref Personne n’était dupe des clichés du feuilleton mais les trésors de dérision qu’il offrait faisaient beaucoup d’heureux,permettait d’oubliait les malheurs bien réels du quotidien, et  encourageaient implicitement l ‘importation de ces stéréotypes sempiternellement larmoyants et guignolesques à souhait.

 

Leyla se souvenait encore comme si c’était hier de la chanson populaire qui avait vu le jour de manière tout à fait spontanée après une des multiples rediffusions de « Guadaloupe ».La jeune actrice mexicaine s’était vu transformer l’espace de trois passages à la télévision marocaine en autochtone du cru, une vraie native du bled qui allait se marier de manière tout aussi autochtone, en grandes pompes avec les sept cafetans et toute sa smala dansant au son de la derbouka et de la kamanja.La passion du public avait eu raison de son héroine : il se l’était approprié lui donnant la nationalité d’honneur sans coup férir .Le marketing populaire avait suivi et on ne comptait plus les vrais-faux sacs, t-shirts, casquettes aux effigies de la mexicaine la plus célèbre de tous les temps.

Leila se demandait s’il y avait eu des babouches également car en d’autres temps on avait vu l’éclosion de babouches Nike et Reebok alors pourquoi pas guadaloupe, ma foi, la limite avait été dépassée depuis longtemps !Quant aux droits d’auteurs ou d’exploitation, personne ne considérait que guadaloupe avait vraiment le status d’œuvre proprement dite… La question était donc définitivement réglée.

 

Mais au delà du rire et de la « lobotomisation thérapeutique de la journée » comme leila appeleit ces séries, elle se demandait comment se déroulait réellement la vie au-delà des frontières.  Certes de par ses lectures  et ses cours scolaires elle connaissait la face officielle de la vie en dehors du Maroc c’est dire l’histoire la géographie les artistes etc, mais elle était curieuse de connaître le quotidien réel de ces millions de gens outre-mer , avide de découvrir les petits riens de leurs existences, ce qui les faisaient rire et pleurer, leurs tabous et leurs libertés, leurs coutumes alimentaires, leurs manières de se regarder, de se sourire, leur façon de marcher dans la rue, toutes ces choses que les livres ne suffisaient pas à décrire car il fallait les vivre pour les sentir dans sa  chair et les comparer à sa propre histoire et ses propres racines.

 

Est- ce que les riches mexicains vivaient tous dans des haciendas flamboyantes ? Y avaient-ils des mendiants en amérique du sud qui un jour épousaient des milliardaires ? Los-Angeles était-elle réellement une ville tentaculaire ?Tous les américains rêvaient-ils d’être acteurs ?Le « brushing » était-il une règle de savoir-vivre en Californie ? Le mariage avait-il une valeur réelle en Amérique ? Qui de la virginté, ce grand totem sacrée de la société arabo-musulmane ?

Que de questions existentielles !

A suivre...

                                                   

22:12 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

16/01/2006

 La gastronomie du maçon(ou plus snob the mason cookbook)

Ce midi, en allant me sustenter d'un sandwich bio hors de prix tout ça pour avoir le plaisir de croquer dans de la tomate et des concombres moins esquintés que chez les concurrents(j'ai horreur du pain sec, de la tomate déprimée et du thon noyé dans de la mayonnaise billiaire), un souvenir gastronomique marocain m'est tout d'un coup revenu en mémoire,un souvenir si puissant que j'ai passé cinq bonne minutes à fixer stupidement le vendeur à la caisse, qui du coup s'est cru réincarné en Sean Connery.
Encore une facétie que me jouent mes sens d'exilée  dans les moments qui s'y prêtent le moins!
Ce souvenir c'est le fameux tagine du maçon pardi.
Je m'explique pour les non initiés:Jadis(kane y ma kane)souvent à midi de retour de l'école je passais près d'un de  ces interminables chantiers marocains truffés de maçons chantant à tue-tête et tenant un outil contendant et bruyant dans la main de façon à produire le fameux trac tertellak dont tout bon chantier marocain est coutumier.

En général les maçons disposaient d'un équipement de survie: une radio-karaoké et un réchaud (ou boutagaz pour les intimes).
Et c'est sur ces butagaz usées et au son d'un bon chaabi de derrière les fagots(chantés par des maçons à la voix toujours très haut perchée) que s'échappaient les effluves d'un des tagines les plus simples qui puissent exister: pommes de terre, quelques épices de bases(cumin, paprika,sel, piment, curcuma rarement du safran considéré comme du luxe), des olives,de l'ail des oignons et le tour était joué!L'odeur dégagé par ce plat simplissime croyez-moi suffisait à me faire hater le pas vers la maison pour réclamer à ma mère la même chose.

Que d'odeurs, de couleurs de sons me reviennent à l'esprit...
Cette magie de la simplicité se retrouve dans une autre variante de la gastronomie "maçonne", j'ai nommé le sandwich du maçon, acheté en général à l'épicerie du coin.(mais si au maroc il y a toujours une épicerie du coin)
Là encore que de souvenirs...
Les afficionados le savent bien: deux grands classiques se partagent les faveurs des "pisserias" en tout genre:
1-l'incontournable mortadella(ou kasher) sur une couche de vache-qui-rit, sur baguette s'il vous plait.
2-le non moins imparable "tone b maticha ou el 7ar"(thon au tomates et piment) dans un pain beldi, voire cerise sur le gateau (si j'ose dire)un pain au ch3ir(pain foncé au seigle)
Quand on avait de la chance, l'épicier nettoyait le couteau après chaque "menu", sinon on passait avec le bloc de  maçons ,tous au même couteau, accomodés au même kasher.
Pour parfaire le menu "maçonnier" il fallait arroser le tout avec de la limonade "la cigogne" et terminer sur les notes délicates d'un raibi jamila à la grenadine, ce petit pot en plastique cheap dont le rose peu discret promettait des délices louches donc convoités.(je cherche desesperement la traduction du raib en français, on va dir que c'est à mi -chemin entre le yaourt et le lait battu).
Generation raibi jamila /biscuits henrys/grendaizer/ghazl el banates levez la main et Dieu reconnaitra les siens:)
Et donc ce midi, tandis que je brandissais mon malheureux petit pain à la "légumaise de thon(si si )", je pensais à cet étrange pouvoir qu'a sur nous
notre mère patrie, un rapport d'amour-haine tenace où se melent tour à tour la nostalgie, la rancoeur, la tristesse, la rage et la joie.
Rapport passionnel où nous réinventons sans cesse le pays quitté , où nous nourissons notre mémoire de fantasmes et d'images réelles ou inventées,comme pour mieux y revenir ou ..mieux en partir.
En attendant, voici la question qui me taraude les méninges depuis ce midi: le raibi jamila à la noix de coco existe-t'il encore?
Please any information would be kindly welcome.

(photo (une épicerie de fortune perdue dans le moyen atlas)extraite de http://www.voirlemonde.com/ , ,le récit d'un voyage en sac à dos autour du monde, mon fantasme préféré!)

21:23 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

11/01/2006

shaadi ya shaadi

Vous connaissez déjà ma passion pour bollywood en particulier et l'inde en général(quand j'aurais fini l'alphabet devanagari je vous l'annoncerai en grandes pompes).
He bien la grande particularité des films bollywoodiens (en dehors des danses et chansons superbes , grandioses que dis-je hallucinantes)est la narration en un minimum de 3 heures (le prix à la minute indien reste imbattable) d'histoires d'amours contrariées due à cette fameuse coutume de marriages arrangés.
Pour faciliter cette pratique issue d'un autre age les indiens ont un site web pardi!Ca s'appelle www.shaadi.com,(shaadi=marriage en hindi) et on peut y rencontrer des punjabi, des gujarrati des sikhs des tamils etc en passant par toutes les religions que la terre ait jamais porté(christiansime , boudhisme, islam, judaisme, sikh, hindou et j'en passe) et ce quel que soit le pays de résidence;l'équivalent de nos RME marocains étant le bien connu NRI: non resident indian.
Les prétendant(e)s y mettent une photo avec mention du métier (bien évidemment les ingénieurs et les banquiers ont la côte)et le site publie les photos des heureux élus qui ont trouvé leur âme soeur pour un shaadi haut en couleurs.C'est une espèce de souk en somme où l'on peut trouver chaussure à son pied conformément à sa tradition, à sa religion, à ses habitudes culinaires(un vrai casse-tête en inde) et j'en passe.A force de contrainte, forcément le marché se réduit.Hmm bien loin du romantisme exacerbé et des passions exhubérantes de Bollywood!C'est triste...
Bon en même temps j'ai cliqué sur des penjabis, juste pour voir promis(j'ai un petit faible pour la musique rythmée du penjab)!Je me demande si ça marcherait un site pareil pour les rme tiens...

00:17 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/01/2006

grosse faim de darija

Hé oui ça me prend comme ça parfois, à force d'entendre de l'anglais et du flamand toute la journée, j'ai envie de la darija, de la pure de la vraie de vraie avec des morceaux de "bouqal" et de "wili wili" dedans.
J'ai envie de dire "ha wahed el presentation zwiiiiiiiiwna", "yallah ndirou chi workshop mo3tabar", "kayne chi ksksou jemaa?".
Sans parler des "3ta allah el foul li ma 3andou drass", "ta7et sam3a 3al9ou el hajjam", j'ai envie de gueuler"yallah drari" aux collegues ou bien "baraka men 7rik rass" ou encore" ah bent el hram baraka men el fchar".
C'est à tel point que j'ai envie d'entendre" wa zine ma nchoufoukch"! un comble!Alors que dès que quelqu'un ose proférer ça au bled, je me sens une âme de bruce lee frustré.
Compliqué le syndrome de l'exilé volontaire...
Heureusement il y a les chantres , les poètes de la darija j'ai nommé jil jila la et nass el ghiwane qui bien calés au fond de mes oreilles me font supporter les maussades du métro au rythme de
"fiiiiiiiiiiine ghadi bya khouya fine ghadi bya".

21:20 Écrit par supertimba | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |