31/08/2006

L'immeuble Yacoubian

L'immeuble Yacoubian de Alaa el Aswaany est une lecture passionante.

Je ne parle pas souvent de mes lectures (sujet trop bateau et il faudrait un blog séparé pour en parler tellement elles sont nombreuses) mais là mon coup de coeur est tel que je vous encourage à vous procurer l'ouvrage dès que possible.

Il est rare de croiser des livres issus de notre propre culture au parler aussi vrai(censure et parfois auto-censure oblige).Le livre a d'ailleurs miraculeusement échappé à la censure égyptienne avant de connaitre un succès foudroyant et immédiat.

On est au caire, de nos jours et le roman suit les destins croisés des habitants de l'immeuble yacoubian,un vieux vestige des années 50, les années d'une certaine insouciance , d'une intolérance naturelle,et d'un certain caire  prestigieux et cosmopolite(vous savez celui des films en noir et blanc avec femmes en robes du soir et gentlemen à fines moustaches).
Et dès lors tout y passe.El Aswaany nous décrit tout les maux contemporains de la société égyptienne et (et par extension du monde arabo-musulman):corruption, foi mensongère, politiciens cyniques, homosexualité mal vécue, islamisme radical,  machisme,  droits civiques bafoués, élections truquées etc...

 Le regard du romancier est tranquille, lucide et sans concessions ,les chapitres se succèdent rapidement sans céder à la tentation d'un lyrisme racoleur.L'auteur ne juge jamais et rend attachants le destin de tous les personnage: de Zaki Dessouki , l'aristocrate déchu, à la belle Boussaina qui s'est battue en vain pour sa vertu,en passant par Taha le jeune islamiste qui n'a trouvé que cette issue pour protester contre un pouvoir corrompu et vil, le vieux cheikh Azzam lubrique et croyant hypocrite, Hatem le journaliste homosexuel, dandy brillant et malheureux, abd rabo son amant écartelé entre son désir et sa vie de famille,etc..

La galerie des personnages est juste,le style est tranchant et vif, les destins se nouent impitoyablement: l'immeuble yacoubian se lit d'une traite.

Sachez que le livre a été adapté en film et que  les petits français en ont la primeur en Europe(rhaaaaa la belgique toujours à la traine pour les films asiates et arabes).

10:04 Écrit par supertimba dans elle est pas belle la vie? | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

16/08/2006

La rue des pas perdus.

La rue arabe ceci la rue arabe cela on entend que ça ces derniers temps, même sur ma radio préférée j'ai nomméFrance Inter.

Récemment il y était question de la rue arabe qui soutient Nasrallah, sunnites et chrétiens y compris.

Soyons clair le terme ici désigne un magma englobant à la fois les perses, les arabes, les musulmans dans un joyeux amalgame dont les médias sont désormais friands.

Votre serviteur au féminin (serveuse ça m'a paru bizarre, servitrice un néologisme barbare,) elle-même ne sachant pas trop de quelles migrations différentes est composée son ADN(beaucoup de berbère, d'arabe , d'européen sûrement mais bon on s'en fout) se sent concernée.

On a l'impression que cette fameuse rue arabe , dressée comme un seul homme n'aurait rien d'autre à faire que de descendre dans la rue régulièrement (chomage oblige)pour la remplir(ah ces hordes arabes) et satisfaire l’image de ce mythe hystérique new age qu'on cherche à nous faire gober de force à savoir le soi-disant choc des civilisation hungtingtonien.

C’est bien connu , la rue arabe ne se lèverait chaque martin que pour crier vengeance et "à bas bush." en brûlant des drapeaux américains pour certains membres de la rue , plus... équipés on va dire.( bientôt des kits?"toi aussi brule ton petit drapeau en 3 étapes",alumettes comprises)".

Et de s'étonner du pourquoi du soutien inconditionnel à un enturbanné chiite.

Ah ces médias faut tout leur expliquer hein!

Z'ont pas encore compris que même si Nasrallah était zoroastrien , hindou voire animiste, hé ben la rue arabe elle se serait quand même manifestée

Z’ont pas encore compris que Nasrallah occupe le vide d’un peuple en mal de héros.

Z'ont pas encore compris que la rue arabe elle en profite pour pousser une gueulante contre tout ce qui l’ankylose d'habitude, en vrac je cite: bush le philosophe auto-proclamé du millénaire, le problème palestinien,les dictatures locales, le chomage intersideral, l'humilation banalisée, le manque de droits chronique,l’espoir famélique, le système de deux poids deux mesure, l'age d'or enterré, l'unité arabe rassise, la coupe du monde mal retransmise etc.

Il y a un mot en darija marocaine qui résume tout cela : el hogra.

La rue arabe elle manifeste contre el hogra  Mesdames et Messieurs et pas pour nasrallah.

Tout un programme.

 

 

09/08/2006

Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu

Tu m ‘as dit: ”Et alors ça ne te manque pas trop le Maroc? Tu y retournes souvent?

Tu ne pouvais pas savoir que cette phrase innocente allait me vriller le coeur, réveiller cette douleur latente qui sommeille au fond de moi.

La vieille douleur familière qui m’accompagne désormais dans ma « so-called » vie d’adulte.

Comment te dire que je compte désormais le temps en année, l’année où mon père était malade, l’année où nous avons été à la plage de mon enfance, l’année ou je me suis embarquée avec une simple valise vers au delà des mers...

Comment te dire que chaque année je grappille quelques misérables jours pour me remplir les poumons de l’air du pays, pour graver leurs images dans ma mémoire, emprisonner leurs visages dans mon esprit comme un fabuleux butin à contempler les jours de pluie.

Les jours de pluies et de grisaille comme ce mois d’août bruxellois, où le ciel redevient si bas si bas...

Un voile maussade devant les yeux, je cherche à retrouver la lumière de mon enfance, le soleil est dans ma tête, je ferme les yeux pour retrouver cette sensation de brûlure délicieuse, pour humer les odeurs de menthe, de cumin et de citrons confits.

Comment te dire que parfois je plonge mon visage en cachette dans mes tapis berbères pour raviver cette cette terre lointaine qui est en moi.

Le bruit et les odeurs , j’aime ça moi ,n’en déplaise à certains.

Comment te dire que je suis devenue mélancolique, que je traîne ma mélancolie partout avec moi comme un sac trop lourd, mon regard n’est plus insouciant, j’ai désormais ce fameux sourire des exilés, je cherche à accepter les absences, les trop nombreuses absences , j’essaie de me noyer dans le quotidien , d’oublier cette formidable lumière sous les néons blafards de l’open space.

Zuidstation, kunst-wet, halleport : les stations de métro défilent pendant que j’écoute des chansons indiennes. L’inde ma patrie imaginaire où je crois retrouver la même folie, les mêmes couleurs que mon Maroc.

Je m’abime les oreilles dans les complaintes hindoues qui chantent l’amour, la tristesse, le mal du pays pour ne pas avoir à écouter la même chose dans ma langue natale : cette nécessaire distance pour ne pas céder à la douleur.

Main yahaan hoon yahaan hoon yahaan hoon , se lamente mon chanteur indien , “je suis là, je suis là” .

Un vieil homme s’approche de moi dans le métro:”Ca va mademoiselle”?

Je me ressaisis: je n’avais pas vu que je pleurais, en silence.

« Mon enfant , ma soeur, songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble, aimer à loisir , aimer et mourir au pays qui te ressemble".

11:05 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

08/08/2006

Lebanon:Comics+Bombs+drawings

Allez-y; c'est le talent face à l'horreur quotidienne et ça mérite nos visites:http://mazenkerblog.blogspot.com

14:26 Écrit par supertimba dans Ras le bol | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

07/08/2006

Les larmes de Fouad

Les larmes de Fouad Sinora aujourd'hui, devant la ligue arabe.
Le désespoir en bandoulière
L'impuissance et la lacheté des interlocuteurs.
Les images qui défilent comme un film de série B mal réembobiné.
Le coeur déchiré j'ai pleuré avec Fouad, pleuré de rage et de colère.
Rien ne sert de commenter , de ressasser , de crier l'humilation.
Tristesse infinie qui nous laisse sans mots devant l'indicible.
Silence on tue.

22:29 Écrit par supertimba dans Ras le bol | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/08/2006

Pour sortir de la sinistrose ambiante: Fitgh-o oh!

Changeons-nous un peu les idées...Fight-o oh! est le crédo d'une de mes héroines préférées, une japonaise, j'ai nommé Yankumi, l'héroine de Gokusen.

Je continue en cela la fidèle tradition de ce blog à contre courant,anti-marketing de masse , anti sujets populaires, anti-Pascal-Obispo en vous faisant entrer dans la 4ème dimension nippone.

Revenons à nos sushis:oui  vous avez bien lu ; une série japonaise, ou plus exactement un jdorama: contraction de japanese et drama(les japonais ayant un peu de mal avec les successions de consonnes entre lesquelles ils insèrent systématiquement des voyelles).

Tiré d'un manga célèbre(les jdorama sont souvent inspirées de mangas d'ailleurs), il y a tout ce qu'on aime dans Gokusen du moins si l'on aime le cinéma asiate: de la baston(in-dispensable) et encore de la baston, de la sagesse, des héros inoubliables, des personnages secondaires savoureux  et surtout des fous rires à répétition.

L'histoire est simple à priori: yamaguchi kumiko(bientot surnommée Yankumi par ses élèves), jeune professeur idéaliste effectue son entrée dans le lycée Shirokin où elle espère faire bénéficier les élèves de sa passion pour l'éducation.Mais yamaguchi a en fait une double vie: héritière d'un clan de yakusa dont elle est la dernière et l'unique descendante elle a refusé d'être chef du clan pour se consacrer à son sacerdoce éducatif. D'où le fait qu'elle est pro de la baston (ah quand yankumi denoue ses cheveux et commence à s'enerver ça vaut son pesant de tempura) et qu'elle utilise parfois une langage de gangster des plus chatiés.

Gokusen est par ailleurs la contraction de  Gokudo no Sensei , littéralement: professeur gangster.

L'idéal de Yamaguchi va être mis à mal très tot car on lui confie la pire classe du lycée constitué de tous les rebus et les "hopeless": la fameuse 3D!

 Nakama Yukie  l'actrice qui joue Gokusen interprète de manière hilarantes  les méandres de sa double identité quant aux  roles secondaires( Utsui Ken  qui joue le grand père est très connu au japon) ils sont également servis par un chapelet de très bons acteurs.

Vous pouvez pomper iciiiiiiii les torrents:

 

13:02 Écrit par supertimba dans nihon jin dayo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

01/08/2006

Liban Israel:Noam chomsky on facts media don't tell you

Tristes tropiques...

11:49 Écrit par supertimba dans Ras le bol | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Silence, on tue

11:19 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

 Earn your bread

Mais oui mais oui je vous vois venir la pause pub a duré  longtemps.Mais il y avait comme une envie de pas bloguer dans l’air, un rejet soudain de l’exercice vain du fixatoire.

 

Et bien pendant que ce monde de dingues continuait sur ses avancées tragiques voire grotesques si ce n’était aussi dramatique(pas la peine de jouer les journalistes impromptus à Beyrouth suivez mon regard), je retrouvais la smala familiale pour quelques jours.

Griller en famille ensemble me réjouissait outre mesure il faut bien l'avouer.

Quelques veut dire trop peu dans le contexte actuel puisqu’il s’agissait de 10 jours.10 jours où j’ai soudain eu cette poigne au coeur qui vous fait vous apercevoir que vos parents vieillissent et qu’il est temps pour vous de pondre une glorieuse descendance sur cette planète dégénérée.

C’est assez douloureux de constater que vos parents ne sont plus les formidables titans de votre enfance qui semblaient avoir réponse à tout.

C’est effrayant de constater que votre syndrome de peter pan ne vous a pas quitté malgré les années qui passent et que vous ne refusez toujours pas un bon goldorak de derrière les fagots ; alors qu’ado vous aviez l’impression qu’adulte (le terme est laché) une révélation cosmique vous ouvrirait les secrets de la maturité et de la félicité absolue et que le rite de passage s’accompagnait d’un petit manuel à l’intention des nuls de chez nuls de la vie pratique.(le terme est laché aussi).

 

Malgré le soleil, le bruit des vagues et toutes ces images d'épinal il n'y avait plus l'insouciance d'antan.

 

Revenue en belgique le coeur gros de n’avoir eu que quelques jour pour dire à ma famille combien je les aimais(non ça n’arrive pas que dans les films de série B des après-midi de TF1), plusieurs solutions s’offraient à moi pour oublier de déchirement annuel : me replonger dans les travaux de la maison , me replonger dans le monde des costards gris en haut des tours d’ivoire et faire du pain maison.

Ne me regardez pas comme ça mais il s’avère que nettoyer une étable et faire du pain de seigle maison s’avèrent les meilleurs thérapies contre l’éloignement familial et l’oppression des timesheets.

 

Foin de verve j’ai une pres (comme ils diiiiiiiiiiiiseeeeeeeeeeent) à terminer qu’il faudra administrer à une audience hostile qui plus est : peut-être qu’en faisant passer le tout avec du pain de seigle maison...

 

10:37 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |