30/03/2009

Back again...with a suite

costume
Hé oui de retour d'une longue hibernation et en pleine crise financière!Je choisis bien mon moment me direz-vous.

MAis après quelques allez retours au bled avec toujours cet amour-haine digne d'une psychanalyse, un projet de fou comme seul un consultant peut en connaitre et moult interrogations existentielles, amplifiées par cette crise  du capitalisme sans précédents me voici dans toute ma pseudo-verve de berghaga de multinationale exilée dans sa tête.

Non je n'ai toujours pas trouvé de cours de bimboserie mais oui j'apprends de plus en plus à vivre avec l'exil.Plein de choses à raconter du haut de mon ego mal dégrossi, crise de la trentaine et double identité oblige. Je voudrais migrer mon blog aussi mais je n'ai pas encore trouvé de solution miracle pour transvaser tous mes anciens posts(à bon entendeur).

Demain une nouvelle tour de verre m'attend, de nouvelles têtes, de nouveaux "challenges" comme ils disent, un nouvel open space si semblable aux précédents et toujours cette solitude intérieure et cette petite voix"cours pendant qu'il en est encore temps!".Tic tac le laptop, les réunions, le gsm, les clopes, le retour tard le soir, le sandwich sans saveurs, la performance trackée à la minute près...Toujours refaire ses preuves comme si les projets précédents n'avaient jamais existé.

Beaucoup de collègues et amis licensiés aussi d'où mon humeur plus amère que joyeuse.

Rien à voir mais la  plus grande leçon que j'ai reçue dernièrement vient d'un gardien de parking (secte omnipotente bien connue des marocains)à Rabat.Texto_en parlant de la monnaie: "la machine à tickets  n'accepte que le roi en costard, pas le roi en djellaba"!A méditer.

A très bientot pour de nouveaux états d'âme!

 

00:00 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/08/2008

Eternal départ

Le rituel est toujours le même.

Ma mère enveloppe du sfouf, du klii, des msemmen maison dans des petits tupperwares enveloppés de papier aluminium qu’elle dispose savamment dans ma valise déjà bourrée. Elle a appris à maitriser l’art de transporter les chhiwates pour sa fille après toutes ces années de va et vient.

Mon père me prend en photo dans toute la maison comme s’il voulait m’emprisonner dans la petite lucarne avant que je disparaisse, il s’abîme ensuite dans une longue contemplation de nos photos d’enfances dans no chambres respectives ma sœur et moi. C’est un moment de grande pudeur en général où l’on ne parle pas  comme si on craignait que les mots ne cassent nos souvenirs fragiles

En général je saute à pieds joints sur ma valise pleine à craquer pour la fermer comme à chaque voyage, je dis adieu au jardin, à ma chambre et j’écoute le chant du muezzin tard le soir en m’impregnant de sa voie éraillée et étrangement mélancolique.

Je pleure toujours au moment de passer le contrôle de police en jetant un regard en arrière, silhouette des parents vieillissants qui me souhaitent tout le bonheur du monde, policier compatissant qui m’annonce que je les reverrai bientôt que ce n’est pas la peine de pleurer et puis les longs couloirs impersonnels vers l’avion du retour avec le brouhaha des marocains qui envahit déjà l’appareil

Décollage et houssine slawi dans mes oreilles comme pour me rattacher à mes racines, chansons sépia d’un maroc des années quarante qui parlent du débarquement américain ,de la beauté eternelle des femmes , de la ruse du peuple marocain. Il m’arrache toujours un sourire malgré tout.

Lost in translation, étrangère partout même dans mon pays, errante ayant choisi l’exil , mercenaire de multinationale, je cherche la paix quelque part. Peut-être faut-il partir pour se rendre compte que la quête est intérieure, toujours.

19:25 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : translation, exil |  Facebook |

22/07/2008

Ambassadrice de la blondeur: parce que je le vaux bien?

Pour deux semaines au maroc en vacances…l’été au Maroc avec ses RME (Residents Marocains à l’étranger , groupe auquel je ne m’identifie toujours pas après toutes ces années), ses plages à coexistence non assurée, ses efforts pour nettoyer les dites plages, sa chaleur, ses jetski tueurs à règlement variable(attention aux têtes imprudentes des nageurs impudents qui oseraient s’aventurer dans un crawl relatif), ses disques de la joutya (ah l’excellent salim halali enfin en intégrale et le vendeur qui me raconte toute la filmographie de mister bean), son poulet baldi au safran et ses islamistes d’un nouveau genre qui réclament des plages pour mouhafidines c'est-à-dire des plages pour femmes en résidence surveillée voire en burqa intégrale.

Bref vous l’aurez compris mes journées s’écoulent plus ou moins paisblement à essayer d’éviter des jetski incontrolables sur la plage tout en essayant de suivre les émissions d’aswat (www.aswat.ma) en bagnole sans me faire écraser par des camions rendus fous furieux par la chaleur estivale et par les nouveaux réglements qu’entend imposer l’état quant à l’interdiction de doubler pour les poids lourds sur certaines zones.

Mais d’où vient ce titre me direz-vous ?

Hé bien je ne savais pas qu’à mon insu j’étais devenue l’ambassadrice de la blondeur familiale : un héritage démesuré était sous mon entière responsabilité sans que me je ne me doute de rien pendant des années.

Je vous explique : j’ai hérité des cheveux blonds  limite scandinave de la branche maternelle que jusque là je gardais longs comme toute jeune fille arabe qui se respecte tant le fantasme de la chevelure est présent dans notre culture bien-aimée.

J’ai eu l’idée _absurde aux yeux de la famille donc_ de me les couper en carré pour changer un peu de tête après toutes ces années passées à jouer les jeunes filles de bonne famille effarouchées et occupées à jouer avec leurs franges.

Scandale à l’aéroport et en meeting familial.Oui ce fameux meeting familial dans le salon marocain où entre deux petits fours aux amandes on rattrape tous les épisodes manqués de la saga familiale: ceux qui ont réussi(les « business men », les avocats, les médecins et les ingénieurs), ceux qui n’ont pas réussi(tous les autres), le nombre d’enfants des nouvelles générations, les villas-appart-résidences secondaires des différentes branches, les mini scandales des uns et des autres, les soucis très relatifs de certains( une manucure oubliée parce qu’il fallait aller chercher la nounou)  et d’autres aventures encore plus passionnantes.

Sans oublier l’examen de passage de toute les «  bonnes «  familles : le status exact à la seconde près de ma situation maritalo-bagnolo-financière en Belgique. Evidemment plus vous habitez loin moins on a l’occasion de vous soumettre au scanner du tberghigh d’où certaines frustrations engendrées par le mystère que vous avez crée inconsciemment !

Bref ce fut une succession de cris, de lamentations et de remontrances face à mon carré impudent, j’ai même du promettre d’envoyer des photos quand mes cheveux auront repoussé c’est vous dire !

 

En attendant mon carré et moi on essaie de dormir alors qu’un mariage bat son plein (et plus que plein !) chez les voisins : hé oui comme partout ailleurs l’été au maroc c’est aussi la saison des mariages.Cela donne furieusement envie de danser au son d'un bon chaabi cecit dit...

A bientôt pour une autre carte postale.

22:36 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

09/06/2008

Terminator syndrom

terminatorMais où avais-je donc disparu , se demande le bon peuple(oui  le bon pas l’autre)

Hé bien il s’avère que gérer 25 personnes à plein temps  dans une  world company avec des vrais morceaux d’open space vous ôte toute envie de scribouiller la moindre rature du haut de votre égo dégrossi.

Après une période de rush dans le projet dont je m’occupe (une sombre histoire de fusion dont je vous passerai les détails), une crise de couple, des conversations woody alleniennes avec ma mère, des voyages inconfortables, des nuits sans sommeil, des tonnes de dramas avalées en otaku, une pénurie de bollywood et des arrêts reprises de clopage, quelques bonnes intentions plus tard me voici de retour !

 Bon ...
  • Ma crise de couple n’est pas à 100% résolue.
  • Je cherche toujours des cours en minauderie et bimboserie
  • Le rush continue sur le projet(des journées de 10h c’est un minimum syndical)
  • Je ne sais toujours pas marcher en talons sur les pavés
  • J’écoute toujours des chansons en hindi et de la pop en mandarin et en japonais
  • Ma thérapie à toute épreuve c'est toujours le pain maison.
  • Ma mère est toujours persuadée que je reviendrai un jour épouser un millionaire marocain à moustaches et piscine incorporée.
  • Je me sens très vieille à force de bosser avec des gamins de 23 ans qui n’ont jamais lu Kafka
  • Je ne sais plus ce que je voulais raconter sur la norvège et le saucisson de renne
  • Je n’ai pas hurlé comme schwarzie «  i’ll be back » but i am back!

23:13 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

17/09/2007

10 reasons why i don't like spending Ramadan in "the heart of Europe"

ramadan1

Ramadan in “the heart of Europe” (la Belgique pour ceux qui auraient mal compris)est une expérience unique et solitaire en ce qui me concerne : peu de musulmans chez mes collègues d’où un certain sentiment de Robinson crusoé sans même un Vendredi pour écouter ses délires.

On a l’occasion de réellement éprouver sa foi ici car il n’y a ni faux fuyants ni horaires aménagés ni mauvaises excuses pour couper court à toute tentative de travail sérieux

Voici les 10 raisons pour lesquelles je préférerai  le passer au chaud au Maroc avec d’autres « mremdnines » qui me comprendraient , ne serait-ce que pour la fameuse "ambiance"!

  1. L’haleine de chameau en solitaire :il suffit de prendre les ascenseurs dans les tours de verres coutumières des consultants pour se rendre compte qu’il faut éviter de sourire, parler , murmurer ou émettre le moindre borborygme tant le gaz qui s’échappe de ma bouche à jeun peut sans problème être considéré comme un résidu de la première guerre mondiale.
  2. L’après midi hypoglycémique  et sans clopes :en général les hallucinations commencent vers 3h de l’après-midi où j’ai envie d’assassiner sauvagement à coup de sabre(très peu ramadan attitude cette violence)tout ceux qui se promènent avec une tasse de café ou une pomme à moitié croquée sans parler des fumeurs !.Il m’est arriver de discuter avec des collègues tout en imaginant un poulet rôti à la place du planning Excel rédhibitoire à discuter et de sentir la fumée d'une clope mal éteinte à plus de 100m.
  3. le supplice du matin sans café où tout le monde se demande si j’ai eu une nuit tellement agitée que le mot bonjour a l’air d’un dialecte albanais médiéval quand je le prononce( à peine)
  4. l’autre supplice du déjeuner avec collègues pendant que je feins un stoïcisme de bon aloi et totalement mensonger face aux sandwichs, salades et autres joyeusetés qui font l’ordinaire  peu reluisant du consultant affamé. Sans parler des « events » avec « walking buffet » où en général je ne walk rien du tout épuisée par la vue des bouchées yakitori et des roulés au chocolat.
  5. l’impossibilité de prendre le ramadan comme excuse justement :ici il est question de conviction et de choix personnel. Si je fais mal mon boulot je ne pourrai absolument pas puiser dans la sacro-sainte réserve d’excuses marocaines qui fait que l’on a envie de se transformer en sérial killer dès qu’on a affaire à l’administration de mon cher pays natal en ce mois sacré
  6. l’absence de programmes spécial ramadan à la télé : hé oui pas de série débile, pas de sketches ramadaniens, pas d’émissions religieuses,pas de « chhiwates » avant ftour et pas de feuilleton digestif après ftour. Dur. Surtout l’indispensable feuilleton digestif, quel que soit sa nationalité. Oui je sais je devrais investir dans une parabole prochainement.
  7. Pas de muezzin dans mon petit village pour sonner la fin du jeune(très long cette année !de 5h20 à 20h environ) :il faut imprimer des horaires à partir d’un des nombreux sites islamiques qui pullulent maintenant sur la toile et se faire sa propre petite chorale de fin de journée. A moins de changer sa sonnerie gsm :mwais un peu trop ostentatoire !
  8. Pas d’orgie de nourriture : le ramadan en solitaire fait qu’on n’ pas forcément envie de préparer une montagne de rghaifs,beghrir, batboutes, halwa en tout genre. Une petite harira avec des dattes me suffit. En ce sens on retrouve réellement l’esprit du ramadan et on évite l’indécence côté bouffe
  9. Pas de soirées de taksar à n’en plus finir : hé oui parce que le lendemain on bosse normalement avec des horaires normaux(c’est à adire pour un consultant sans horaire, sans heures sup et sans réelle fin de journée).Je me vois mal me faire porter pale parce que j’ai eu quelques parties de Rami agitées.
  10. Pas de jour férié à l’aid : en général j’ai toujours un délivery important ou une tuile qui m’empêche de prendre congé ce jour là. Je passe alors la journée dans un open space quelconque en rêvant de beghrir et de mousse de thé à la menthe.

 

Le pire pour les filles _et là on aborde un sujet tabou : ce sont les règles pendant le ramadan. Quand la moitié de la planète sait que vous jeûnez et quand votre drapeau rouge mensuel est brandi il est parfois dur d’explique pourquoi on a le droit de manger. Plusieurs solutions s’offrent alors : les toilettes, les parkings, les caves. Aucune n’est réellement convaincante ceci dit.

Bref vous l’aurez compris :Ramadan in « heart of europe » c’est compliqué !

 

16:07 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

07/05/2007

Supertimba (de nouveau) aux pays des cookies géants.

 

300px-CookieThiefHé oui pendant que le match Sego-Sarko passionnait les foules sous –semble_t’il_ toutes les latitudes, même à Pékin, j’avais fui la chaleur  tropicale  belge pour aller retrouver celle du Texas.

Oui le Texas parfaitement.

 

Même que l’aéroport international il porte le nom du père de  l’autre là ; vous savez le président qui se la joue texane tout en étant de la plus pure souche wasp east cost de la mort qui tue.

.

Mais foin de digression.

Tout avait commencé sous des dehors innocents, comme beaucoup d'aventures  qui finissent en gastro-entérites.

 

En séminaire donc  à Houston , Texas, le séjour commençait par un petit déjeuner  dit continental.

Passe encore le succédané de beurre, le pain lyophilisé et le café imbuvable comme seuls les américains savent en faire, oui passe encore car jusque là la nourriture restait identifiable, même le beurre de cacahouètes.

C’est par la suite que les choses se gâtèrent.

 

Au centre de séminaire nous avions droit à deuxième petit déjeuner : hamburgers ( !)tôt le matin, cookies de la taille d’une poêle à cuire et muffins concurrençant les diamètres d’un ballon de football. Il suffisait de mettre le quart d’un cookie géant (une portion plus que raisonnable pour une personne)sur une serviette en papier pour s’apercevoir qu’il serait de bon ton de fuir cette engeance :une large trace de matière grasse suitante auréolant le bout de papier,poussa supertimba vers le rayon des jus de fruits. Aussitôt fait aussitôt regretté après la première gorgée : et pour cause, avec 43 g de sucre pour 100g de liquide la boisson dite « healty » tenait plus du sirop qu’autre chose.

 

De guerre lasse, supertimba se rabattit sur du café au lait pour tomber sur du lait en poudre version 100%cholestérol :huile coco et sirop de mais dans des granulés blancs où le pourcentage en lait tenait sur un point virgule.

Le café noir américain étant au dessus de ses forces, supertimba passa la première demi-journée houstonienne dans un état proche de l’apathie, en ayant l’impression d’être au cœur d’un reportage socio-ethnique.L'attaque du cookie géant!Voilà un film de série Z à faire, après l'attaque de la moussaka géantes!(si si , ça existe , arte en parle très bien iciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii)

 

Le déjeuneur constitua une autre partie de plaisir pour supertimba : elle passa une heure à fuir les chips et les gobelets de cocas géants qu’on lui tentait diligemment pour chercher des légumes dans le menu.La tache fut rude et découla sur un échec : en dehors d’une vague salsa mexicaine à base de tomates et d’oignons, impossible de se constituer un repas équilibré, le plus dur étant d’identifier ce qu’on mangeait dans l’amas de produits chimiques concaténés. A ibad illah ghir chi mwiticha !

 

Le reste de la journée se passa sans histoires, rythmé par les cookies de la mort, le coca en hectolitres et les chips à tous les étages.

 

Le deuxième jour, nos organisateurs, pensant nous faire plaisir nous avait organisé un diner dans un hotel historique de la ville. Supertimba enthousiaste à l’idée de réléguer les chips , tacos dégoulinant de sauces non identifiés  et autres joyeusetés dans un oubli éternel, s’engouffra dans la salle de restaurant sans coup férir.

Et là et là...Jusque là supertimba croyait que l’huile d’olive s’était internationalisée et qu’il était impossible de rater une salade de laitue+tomates : détrompée sur ces deux mythes, elle préféra passer l’entrée et passer au plat principal sous l’oeil attentif des serveurs-guetteurs.Oui guetteurs, parce qu’il faut savoir qu’aux états unis le signal d’un bon service c’est quand le serveur s’empare de votre assiette comme d’un trophée avant que le reste de la table n’ai fini :malheur à vous si vous détournez un instant les yeux pour observer la décoration du plafond inexistante, votre assiette vous sera soutirée sans autre forme de procès. D’où viennent ces coutumes américaines étranges ?mystère !

Le plat principal comportant des asperges crues et une viande trop cuite, supertimba préféra attendre le dessert. Décision très vite regrettée devant l’ampleur de la catastrophe : le dessert consistait en une tarte aux fruits et au chocolat, glacée aux marshmallows(si si ça existe), une tarte si dure qu’aucun des convives ne réussit à la découper à l’aide d’ustensiles ordinaires .Cette tarte aura sans aucun doute un avenir sur le podium serré des armes de destruction massives mais en attendant supertimba était venue mourant de faim et ressortait dans le même état.

Un comble pour une fille qui faisait son pain tous les week-ends de ses blanches mains.

 

Et c’est là que supertimba eut pitié des américains. Une compassion immense et sincère.

Et là elle ne prend pas en compte les californiens ou autres new yorkais speedés à la sex and the city, non non il s’agit de l’américain ordinaire comme dirait son idole homer simpson. On est gros par défaut aux us , on ne le fait pas exprès : il suffit de se nourrir avec les mets aliens arrosés de coca(faut bien digérer) en rivières pour ne plus passer par une porte non-us. Et c’est après qu’il faut s’en sortir : ah le rude combat pour reconnaitre un céleri d’un poireau et constater enfin qu’il n’y pas que les chips comme garniture.

Il suffit de voir cinq minutes de pub sur une télé us ordinaire pour en sortir tout ébaubi(et je ne parle pas du cable, la télé fera l’objet d’un autre post) : entre deux pubs pour le prozac et les crédits en tout genre, bienvenue aux fried chicken truffées de substances martiennes, à la crème de marshmallows, aux doughnuts doublement glacés, aux barres chocolatées de la taille d’une batte et le panégyrique des 36000 chaines de restauration rapides qui gangrènent le pays. Les myriades de pubs de yaourt européennes commençaient à me manquer c’est dire !(ça mériterait un post aussi : la société yaourtienne post-nucléaire)

 

Il faudra quand même un jour qu’on explique à supertimba : mais comment est donc né ce concept du tout géant aux states ?Si vous avez des suggestions elles sont les bienvenues.

 

Cela étant dit je tiens à remercier les houstoniens rencontres pour leur gentillesse sinon leur professionalisme : je sais que ce n’est pas de vot’ fautes les gars ! On vous ment , on vous spolie !houstoniens, houstoniennes,tenez-bon je me lance dans l’exportation de zaalook , zitoun, batbout et thé à la menthe !

 

23:30 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

05/04/2007

Plus que quelques jours...

avant le retour vers Bruxelles.Le déchirement me guette, l'éloignement familial de nouveau...Désormais le sentiment est plus fort, je sens que j'aime mon pays natal de toutes mes forces.Surtout que cette fois-ci j'avais l'impression qu'une véritable movida secouait tout le pays...

Aujourd'hui je me suis encore repu les yeux des images du boulevard mohammed5, le café balima, les murailles rouges, le lycée descartes, le vendeur de nougat, l'agdal métamorphosé, le bus numéro 3, la place de bab el had rénovée...

Je regardais des témoignages d'émigrés ce soir sur Arte_le documentaire "la traversée"_et sur les ferry qui les emmenait evrs Alger, leurs paroles me transperçaient le coeur, bien que la situation de l'algérie et du maroc soient très différentes.

Est-ce vraiment mektoub,le destin?Comment faire pour un jour revivre dans ce pays qui me hante jour et nuit, retrouver l'ambiance des fetes familiales et la joie de prendre un thé avec ses proches pour parler de la pluie et du beau temps...

Ma maladie n'a pas de remèdes.Ce soir le sommeil tardera à venir.

23:00 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

31/12/2006

interlude 2: le mouton me manque

Un message complètement futile au milieu des caisses(hé oui je suis toujours en plein déménagement): le mouton me manque cette année, dire que c'est l'aid el kebir aujourd'hui!Ah je me souviens encore avec nostalgie de mon premier mouton belge: il était noir aux yeux bleux( si si).Je me souviens également avoir montré sa photo à mes collègues: leurs petits cris enthousiastes résonnent encore dans ma tête."Rho qu'il est mignonnnnnnn, il est à toi, oh les jolis p'tits yeux bleux et la belle laine noire".

A cela j'avais cru bon de rétorquer: "et le gigot, le gigot! il était super bon, ah ce petit gout de tourbe et d'herbes sauvages!". Yeux en soucoupe des collègues: parce que tu l'as MANGE?

Que voulez-vous: on ne peut pas discuter de tout avec des gens qui mangent du poisson en cubes.Encore moins de boulfaf(brochettes de foie de mouton entourée de crépine pour les novices, que les amateurs de tofu passent leur chemin).

Allez promis, les gonzesses et moi la suite ce sera pour très bientot.(on ne sait jamais, des fois qu'y en auraient qui trépignent héhé).
En attendant bon aid et bonne année et tous!

00:51 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

09/08/2006

Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu

Tu m ‘as dit: ”Et alors ça ne te manque pas trop le Maroc? Tu y retournes souvent?

Tu ne pouvais pas savoir que cette phrase innocente allait me vriller le coeur, réveiller cette douleur latente qui sommeille au fond de moi.

La vieille douleur familière qui m’accompagne désormais dans ma « so-called » vie d’adulte.

Comment te dire que je compte désormais le temps en année, l’année où mon père était malade, l’année où nous avons été à la plage de mon enfance, l’année ou je me suis embarquée avec une simple valise vers au delà des mers...

Comment te dire que chaque année je grappille quelques misérables jours pour me remplir les poumons de l’air du pays, pour graver leurs images dans ma mémoire, emprisonner leurs visages dans mon esprit comme un fabuleux butin à contempler les jours de pluie.

Les jours de pluies et de grisaille comme ce mois d’août bruxellois, où le ciel redevient si bas si bas...

Un voile maussade devant les yeux, je cherche à retrouver la lumière de mon enfance, le soleil est dans ma tête, je ferme les yeux pour retrouver cette sensation de brûlure délicieuse, pour humer les odeurs de menthe, de cumin et de citrons confits.

Comment te dire que parfois je plonge mon visage en cachette dans mes tapis berbères pour raviver cette cette terre lointaine qui est en moi.

Le bruit et les odeurs , j’aime ça moi ,n’en déplaise à certains.

Comment te dire que je suis devenue mélancolique, que je traîne ma mélancolie partout avec moi comme un sac trop lourd, mon regard n’est plus insouciant, j’ai désormais ce fameux sourire des exilés, je cherche à accepter les absences, les trop nombreuses absences , j’essaie de me noyer dans le quotidien , d’oublier cette formidable lumière sous les néons blafards de l’open space.

Zuidstation, kunst-wet, halleport : les stations de métro défilent pendant que j’écoute des chansons indiennes. L’inde ma patrie imaginaire où je crois retrouver la même folie, les mêmes couleurs que mon Maroc.

Je m’abime les oreilles dans les complaintes hindoues qui chantent l’amour, la tristesse, le mal du pays pour ne pas avoir à écouter la même chose dans ma langue natale : cette nécessaire distance pour ne pas céder à la douleur.

Main yahaan hoon yahaan hoon yahaan hoon , se lamente mon chanteur indien , “je suis là, je suis là” .

Un vieil homme s’approche de moi dans le métro:”Ca va mademoiselle”?

Je me ressaisis: je n’avais pas vu que je pleurais, en silence.

« Mon enfant , ma soeur, songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble, aimer à loisir , aimer et mourir au pays qui te ressemble".

11:05 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

25/01/2006

Le mythe du retour

Zaventem, aéroport international de Bruxelles.

Il fait gris et froid pour ne pas changer; decidément je ne m'habituerai jamais au climat de ces latitudes.

Cramponnée à mon écharpe je grimpe dans l’avion de tous les espoirs. Ce n’est pas un simple vol, ce n’est pas un avion anecdotique, c’est l’avion qui m’emmène vers la matrice, vers la famille, vers les murailles rouges et l’odeur du cumin sur les tapis berbères, vers ma mémoire, vers mon enfance.

Je frémis de joie à l’idée de revoir cette petite pointe brune, vous savez cette fameuse pointe à cheval sur la Méditerranée et l’Atlantique, la pointe des espoirs déçus, des pateras qui courent vers un semblant d’eldorado, la pointe qui surplombe l'un des détroits les plus surveillés de la planète(Je soupire d’aise aussi à l’idée de manger du boulfaf(brochettes de foie marocaines) promis par la mamma suite à neuf coups de fils successifs la veille au soir, mais ça c’est une autre histoire).

Aéroport de casablanca, les toits de tuiles vertes ,les palmiers et déjà cette odeur familière, cette sensation singulière qui m’hérisse l’échine : home.

Et là :

Douanière : salamou aleikoum, passeport s’il vous plait.

Moi : wa aleikoumou salam, voici voici(je sors mon passeport belge).

Et puis encore moi dans un excès de zèle, typique face aux autorités de mon pays(le fantôme du gendarme à moustache n’étant jamais loin) : vous voulez le passeport marocain aussi ?

Et là, stupeurs et tremblements la douanière éclate d’un rire tonitruant et me sort :

« tu es folle ma soeur ?tu as enfin le sésame que tout le monde cherche et tu te ballades encore avec ton passeport marocain ?Au fait félicitations pour la nationalité et bonne continuation en Belgique »

Là, j’avoue que je suis passée par un de ces déphasages émotionnels propre à la quatrième dimension marocaine : si même les douaniers vous félicitent de vous être cassé, le mythe du retour au bled a encore de beaux jours devant lui!

22:35 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

28/12/2005

ya ghourbati f blad nass

Cette chanson écoutée sur le site de loula la nomade a fait surgir un torrent d'émotions enfouies...
Ya ghorbati f blad nass...Je suis la barranya de partout.Fi bladi barranya, ouhdanya fel ghorba avec le travail en guise de salut.
Où est ce serment d'enfance fait avec des amies depuis longtemps éloignées.Carrières, marriages et les kilomètres qui nous ont séparées à jamais.Ces longues après-midi passées à rire autour d'un thé ne sont déjà qu'un souvenir.Plus personne à qui téléphoner pour raconter des anecdotes stupides et se moquer de la vie , de la mort de nous même...
Des fantomes, je suis entourée de fantomes ya gourbati fblad nass,el hajra helkatni ou ma fi ydia ma na3mal.
La neige enveloppe le paysage, je regarde les flocons envahir les crêtes des arbres, envahir mon coeur solitaire.
Ch7al jriti bach tmchi ou daba raki nadma , nadma 3la lyam li dayza.
Ya ghorbati fblad nass ces mots pénètrent mon coeur,la citadelle ardente des souvenirs m'emporte, à jamais condamnée à la nostalgie des errants.

16:11 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

17/09/2005

Lost and found in translation

On perd une part de soi-même et on en crée une autre dans la translation;voilà un théorème que nous n'avons jamais appris en mathématiques.
Je suis à un stade de ma vie ou j'ai atteint la pointe du vecteur: perdue entre deux rives, amoureuse de deux cultures ma vie se fait néanmoins ici en Belgique et je me sens de plus en plus européenne.Pas uniquement belge non ce serait trop restrictif, européenne est le mot..
Je constate l'évolution de mon identité au jour le jour: l'europe m'a permis de me découvrir ,de m'affirmer en tant que femme ,de connaitre mes désirs, et pour cela la solitude est nécessaire.Oui cette fameuse solitude de l'émigré qui pleure de nostalgie les premières années en écoutant nass el ghiwane et en rêvant de harira familiale lors du ramadan sous la grisaille.Ces fameuses promenades au mileu des arbres rangés à travers une foule d'inconnus indifférents .Ces noels absurdes où l'on se surprend à rêver du chant du muezzin.
La solitude est dure dans un premier temps , mais loin de sa famille et loin du carcan social marocain l'on apprend à mieux se connaitre, loin de tout préjugé, on se définit d'abord par rapport à soi-même et non par rapport aux autre;on apprend à dire non, à revendiquer et à s'affirmer ce qui fait dire à votre famille que vous êtes définitvement une "gawria".(S'ensuit la litanie de tu-as-oublié-les-règles-de-ton-pays)
Cette découverte n'est pas dénuée de tristesse: l'on se rend compte qu'on ne pourra plus vivre au Maroc comme avant, l'identité s'est forgée et tout ce que l'on supportait par hypocrisie sociale n'est désormais d'aucune utilité.
C'est à la fois un désenchantement et une découverte: je porte le bled dans mon coeur et les murailles rouges dans ma tête , mais ma liberté est ici.La nostalgie est ma compagne : je ne suis plus tout à fait de là-bas ni totalement d'ici.Citoyenne du monde de l'esprit, les livres sont mon universalité
Je ne parle pas ici de cet absurde travestissement de la liberté en mode de vie consommatoire basé sur la fiche de salaire et la fréquence du shopping effréné et illusoire
Non c'est une autre forme de liberté plus subtile: cette sensation fragile de ne pas se mentir à soi-même et d'assumer ses choix ,mêmes les plus mauvais, envers et contre tous
J'ai renoncé au plan bled-villa-bourge-maman-à-côté-mari-rentier,j'ai renoncé au schéma de vie formatté qui semblait tout tracé depuis l'enfance, j'ai quitté mon cocon pour me lancer dans l'inconnu,fuyant la facilité pour m'ouvrir au monde.
C'était le prix à payer: le papillon est sorti, il époussette ses ailes pour l'instant en espérant voler, l'espace d'un jour.Un jour mémorable.Tant pis si les ailes n'ont pas le bon format.

03:15 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

14/09/2005

lost in translation

That is how i feel, specially after lunch!
Je viens de voir le film avec le génial bill murray en beautiful loser as usual perdu dans un tokyo déshumanisé.Amoureuse de la culture japonaise et des anti-héross avec panache ce film était fait pour moi.
Et puis depuis "le jour de la marmotte" qui peut encore resister à l'expressivité minimaliste d'un bill murray à contre courant?Lost in translation, as all we do, dreaming our life, wasting our time.Hit me in the face, i want to wake up.I want to stand up, leave something great.Pride and humiliation,lost and not found.
Hit me in the face, i am a post-modern addict.

23:00 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

27/03/2005

la complainte de l'exilé

Pour tout marocain à l'étranger se pose un jour la question du retour potentiel au pays.Et maintenant que je suis maroco-belge(héhéh fini la file humilante non-eu à l'aéroport et oui je peux réciter la branbançonne) et que je vais changer d'employeur je me la pose aussi.
Bon inutile de prendre exemple sur un de mes copains architectes qui se la pose depuis 14 ans entre deux aller-retour casa-bruxelles sans se résoudre à rentrer "définitivement" au Maroc.
C'est le définitif qui nous fait peur!Quand on voit tant de compatriotes risquant leur vie pour "hargui"'(littéralement bruler) vers l'europe ou quand on a des échos du dernier sitting des diplomés chomeurs à Rabat, on se dit mais t'es fou de retouner au bled, y ena plein qui t'échangeraient leur place.
En même temps l'appel du bled est bel et bien là.A chaque fois que je mets les pieds à Rabat ma ville natale, je me sens autre je me sens appartenir à cette terre qui m'a vu naitre, appartenir à la mer ,aux murailles rouges,au lycée français, aux marchands d'olives et à la criée du marché de bab el had.
LEs souvenirs affluent et puis toute la famille est là...
En belgique je commence à prendre mes repères mais j'ai souvent l'impression d'être une greffe voire une bougainvillée en pot qu'on prend soin de rentrer à l'intérieur par crainte du gel!
Comment expliquer ce schisme qui traverse chaque exilé qui fait qu'au final l'on se sente étranger dans les deux pays?Cruel dilemne..
Mon rêve serait de pouvoir faire du business au maroc suivant la formule consacrée:), business au bled se référant à une catégorie très généraliste allant du marchand de cachouètes grillées au trafiquant de drogue en passant par les importateurs de bassines chinoises.
Non je voudrais faire un truc sérieux en rapport soit avec les ntic, soit avec la gastronomie(mon autre passion) ou le tourisme.
Si d'autres blédards m'écoutent(hé larbi, anouar, lady m:)) et qu'ils ont des idées à vos claviers!
Mais mon autre rêve serait de publier mon roman et ça c'est ici que je pourrai le concrétiser...
A quand la télétransportation sapristi!(une tentative de remettre au gout du jour les saperlipopette, mazette, flute et autres palsambleu)

18:04 Écrit par supertimba dans lost in translation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |