18/11/2007

Careful the beverage you’re about to enjoy is extremely hot

Ah mais où donc était passée supertimba, se demande le bon peuple!(Non ne hurlez pas tous en même temps).

Non supertimba  n’était pas en train de régler l’insoluble et profondément risible problème belge et supertimba n’avait pas enfin pris cet allez sans retour pour new delhi ou tokyo pour fuir ses illusions perdues.

Supertimba était aux stazen.Encore me direz vous ?Mais oui c’est le fait de bosser pour une boite amerloque, that’s all folks.

Et cette fois ci c’était pour apprendre ZE Management. Comment être un leader, comment vendre, comment reconnaître les styles sociaux de ses interlocuteurs, comment résoudre des conflits, comment déléguer le boulot et atteindre son seuil d’incompétence(voir principe de Peter).Eminemment utile !

Rassurez-vous cette fois je me suis bel et bien habituée aux toilettes à l’américaine, aux pubs pour le prozac et autres remèdes de bipolarité (si si), à la fast food mania et j’ai avalé la nourriture insipide sans broncher , l’esprit ailleurs avec des questions du genre : »suis-je faite pour être un leader ».Ils m’ont eu je vous dis ! et l’absence flagrante de bogossité ambiante n’a fait qu’accroître mes atermoiements internes.

Qu’ai-je retenu de ce séjour ?Les 13 secrets du management ?un carnet d’addresses rempli à ras bord ?Des problèmes gastriques due à l’ingestion de nourriture non identifiée ?

Que nenni !

La tendance très infantilisante qu’ont les entreprises américaines de vous prévenir de tout ce qui peu vous arriver.Ok c'est pour se prémunir contre les procès me direz-vous mais c'est encore plus grave alors.

Attention si vous marchez vous pouvez vous casser la gueule, attention vous pouvez vous étranglez avec un verre d’eau, attention ce hamburger est une atteinte à votre dignite d'omnivore (heu non ça par contre..).

Par exemple en buvant votre (insipide) café :

sbcup-lg
Curieusement, rien mais absolument rien sur les clopes, même pas en police de 8, blanc sur fond blanc...

 

23/10/2007

Le fameux modèle belge.

Extrait savoureux de la semaine infernale, sur les ondes de la RTBF radio:

La vache, ils l'ont échappé belle au Liban, au Kosovo et dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza... Vous imaginez qu'en plus de la violence et de l'instabilité dont ils sont les victimes, on a voulu durant des années leur imposer... le modèle belge. Comme si ces pauvres gens n'avaient pas assez souffert. On leur a vanté le subtil rapport d'amour/haine entretenu entre les deux communautés. L'équilibre complexe et la superposition des niveaux de pouvoir. On leur a fait miroiter les charmes du brol et du bric-à-brac institutionnel. On leur a même envoyé nos démineurs, telle la métaphore du caractère explosif mais sous contrôle de notre situation. On leur a expliqué le fonctionnement des fusibles communautaires. L'importance des Diables rouges dans le sentiment de cohésion nationale. La nécessité, pour maintenir l'ordre public, d'avoir simultanément une championne de tennis dans chaque partie du pays. On leur a même expliqué que la Belgique c'était comme l'humour de Marc Herman : c'est insupportable, mais ça marche !

Le modèle belge : un truc en kit à monter soi-même, qu'on était prêts à livrer dans le monde entier, avec dans le sachet le nombre de vis nécessaires et un plan de montage dans lequel Herman De Croo expliquait la marche à suivre.

Aux habitants de Belfast, on a dévoilé les secrets de la fabrication des manons de chez Léonidas. Aux Beyrouthins, on a raconté comment, pour devenir belge alors qu'on l'est déjà, il faut pouvoir prouver qu'on a d'abord été chinois, puis britannique. Aux habitants de la Krajina, on a expliqué comment les plus grands écrivains francophones étaient flamands et comment les politiciens flamands les plus radicaux avaient souvent des parents wallons. On a parlé du Gordel aux Libanais, en leur expliquant que c'est avec des vélos qu'ils auraient dû faire le siège du camp de Nahr al-Bared. On a exhorté les Rwandais à prendre exemple sur la non-violence avec laquelle on supportait les chapeaux de la Reine Fabiola, les abribus JC Decaux, les tarifs Belgacom et les malversations de Georges Dumortier... Et voilà que par un curieux retour de flammes, on a de plus en plus l'impression que c'est le modèle libanais qui s'impose à nous. L'autre jour, je suis passé avenue de Brocqueville. Il y avait tellement de drapeaux pendus aux fenêtres que j'ai pensé que c'était l'enterrement de Rafiq Hariri ! Je ne voudrais pas faire du catastrophisme, mais on se demande si ce n'est pas chez nous que les casques bleus risquent d'avoir à se déployer, entre la drève de Bonne Odeur et la chaussée de Louvain. Avec un checkpoint sous le viaduc Herman Debroux et les forces d'interposition de la Minuc garantissant l'accès des francophones au musée de Tervuren.

Moi je vous dis, si ça continue, on va avoir besoin d'observateurs irakiens lors des prochaines élections régionales, en échange, on leur expliquera comment voler de nuit à la SNCB, 2,5 km de câble en cuivre sous tension. Cisailler du câble sous tension ! Même les kamikazes du Hezbollah risquent d'en rester comme deux ronds de flan ! En plus, depuis que Didier Reynders a assimilé le passage en force flamand sur la scission BHV à "une bombe atomique", on s'attend à des rétorsions de la part de l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique). Mohamed ElBaradei à Val Duchesse, ce n'est plus de la science-fiction.

Ah, le modèle belge ! Avec ses compromis, ses transferts de compétences, ses petits marchandages, son Axel Merckx, son Annie Cordy...

Tiens, j'ai lu qu'après quatre ans de prison, Bertrand Cantat pourrait déjà bénéficier d'une libération conditionnelle. Comme quoi, c'est peut-être la solution. Plutôt que de vanter cet improbable modèle à la belge, tapons-nous une bonne fois sur la gueule et retrouvons-nous dans quatre ans.

 

12:38 Écrit par supertimba dans On nous cache tout on nous dit rien | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : belgique |  Facebook |

26/09/2007

Plus de 100 jours sans gouvernement en Belgique: birmans/belges même combat?(vu par Kroll)

_26_kroll

25/06/2007

Carpe diem..heu demain?

A 13 ans j’ai reçu un choc cosmique.

Non je vous vois venir, je n’ai pas  été enlevé par les extraterrestres et je ne me suis pas infiltré en catimini à la NASA pour pousser sur un tas de boutons bleu, rouges et vers(quoique de nos jours..)

Je n’étais pas non plus figurante sur ET derrière une Drew Barrymore pas encore affadie.

Non ma prof d’anglais fut la responsable de ce choc en nous projetant dans la langue de Shakespeare «  le cercle des poètes disparus ».

Non que ce film soit le chef d’oeuvre du siècle(je n’avais pas encore vu la trilogie honk-hongaise de « infernal affairs »)mais son message avait chambardé mon petit monde.

En dehors de l’apologie de la poésie et des destins tragiques ses protagonistes (y a quand même un suicide) propices à enflammer l’imaginaire d’une adolescente post)pubère, ce film proclamait qu’il fallait profiter du jour présent !carpé diem !Moi qui menait une existence bonne élève, faite de devoirs et de goûters programmés à heures fixes , j’en était chamboulée !

C’est qu’au même moment, mon prof d’arabe nous serinait » la toajile amala al yawmi il ghad » : ne reporte pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui. Message également véhiculé par ma fidèle « majallat majid» un magazine de droite pour enfants arabophones en mal de lecture , encouragés à trouver d’autres héros plus représentatifs que Candy.

 

Dès lors un stress intense s’empara de ma petite personne :comment concilier la lecture d’Asterix chez les corses » avec une rédaction en arabe sur un match de football ?Comment admirer pendant des heures le bellâtre inaccessible du lycées tout en résolvant ses équation du second degré ?fallait-il bûcher la recette du cake au citron au lieu de s’absorber dans ses fiches de lectures ? Chaque minute sans plaisir me semblait irrémédiablement perdue et je me voyais déjà ruminant des regrets à soixante balais en serinant « carpe diem » à mes petits-enfants.

Comment faire pour que chaque minute soit intensément vécue et que l’on ait aucun regret le soir venu tout en s’acquittant de ses corvées journalières?

Eminemment dramatique  !

J’avais déjà des réflexions à la calvin & hobbes sans le savoir(et sans pour autant m’inventer une enfance fictive, je vous renvoie à cette excellente BD)

 

Aujourd’hui encore cette dualité me poursuit.

Et pourtant je mène une existence des plus honnêtes= un crédit immobilier sur 25 ans, un boulot dans des tours de verre avec des vrais morceaux d’Excel  dedans et je me prépare mentalement à pondre une descendance qui polluera autant sinon plus que moi cette chère planète asphyxiée

Et pourtant le doute m’assaille quotidiennement : et si je larguais tout pour un voyage autour du monde (autour de l’Asie serait plus juste) ?Et si je m’enfermais pendant 1 an pour pondre un livre ?

Et si  j’envoyais balader le crédit immobilier pour habiter une yourte mongole ou un bus anglais ?

Et si j’interrompais le mode slideware pour me télécharger un petit Drama coréen vite fait ?

Et si je faisais du pain maison plutôt que le planning projet ?Et si j’abandonnais ce conf call de 3 heures pour aller apprendre une danse indienne traditionnelle ou le japonais en accéléré?

Il va de soi que pour certains dilemmes la solution est simple.

 

Ce n’est qu’il y a quelques années que j’ai compris le vrai sens du carpe diem, qui n’est en fait pas du tout antagoniste du fameux « la toajil amala etc.. »

C’est en quelque sorte un idéal de zénitude et de paix intérieure où chaque journée serait propice à l’épanouissement, épanouissement qui ne passe pas forcément par la case « je me fais super plaisir en matant un Drama japonais avec des crackers au wasabi » mais plutôt par « j’ai le sentiment d’avoir découvert/fait/accompli quelque chose de valorisant et j’ai osé le faire maintenant, présentement, aujourd’hui , ahora, today  sans attendre 60 piges ».Tout dépend de ce qu’on met dans le fameux adjectif valorisant  bien évidemment, pour certains ce sera enrichir un peu plus une multinationale quelconque, pour d’autres ce sera aider un petit vieux dans un métro surchauffé, d’aucuns auront enfin découvert le bonheur de lire un bouquin qui leur ouvrira de nouveaux horizons. Personnellement je range les dramas japonais dans la catégorie vaorisante aussi vu la vision du monde totalement différente qui y est exposée(trop facile je sais J)

 

Le vrai carpe diem n’est pas forcément individualiste et ne sombre pas inévitablement dans l’hédonisme futile., mais notre cerveau bercé par la société de consommation nous laisse souvent croire le contraire. Je le rapprocherai plus d’un « connais toi toi-même socratique » que d’un « sois heureuse avec ta paire de jimmy choo dans ton 4*4 plus polluant tu meurs » paris-hiltonien.

Reste que le carpe diem est un véritable défi au quotidien :se coucher le soir sans rien regretter de sa journée ou en ayant le sentiment d’avoir touché ses rêves de près n’est pas un exercice facile. Ronsard et sa rose l’avaient compris depuis belle lurette.

Notre existence moderne est faite de compromissions misérables et de résignations sociales qu’il est dur de secouer : cueillir la rose du jour relève parfois de la haute voltige. Chaque seconde qui se dandine appartient déjà au passé, vulnerant omnes ultima necat, disent-ils.

Vivre ses rêves plutôt de que de rêver sa vie : cette maxime me hante au quotidien.

Et vous ? de quel côté est vous ?

 

Sur le même thème,je vous laisse avec ce poème de Quenau, souvent plus connu grace à l’interpretation brillante de Juliette Greco :

 

Si tu t'imagines


 

Si tu t'imagines
si tu t'imagines
fillette fillette
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d'émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

les beaux jours s'en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s'approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures.

Raymond Queneau (1903-1976)
L'instant fatal (1948)


 

 

11/06/2007

La rage

Parce qu'on est rentrés dans le moule.

Parce qu'on a plus la rage.

Parce qu'on est déjà rangé dans le bon tiroir.

Parce qu'on a plus la rage de nos 20 ans et qu'on a retourné sa veste en croyant changer le système de l'interieur.

Parce qu'on joue son role avec résignation.

Parce qu'on ne sait pas dans quelle monde la colombe est partie, dit Kenny.

Keny Arcana, elle, elle fait pas semblant, elle a vraiment la rage.

Keny Arcana parle de la rue parce qu'elle la connait, c'est  pas du pipeau du jt de 20h.

C'est du rap, du vrai et c'est suffisamment rare pour être signalé dans un monde où même le rap a été happé par les sirènes du bling bling..

 

16/08/2006

La rue des pas perdus.

La rue arabe ceci la rue arabe cela on entend que ça ces derniers temps, même sur ma radio préférée j'ai nomméFrance Inter.

Récemment il y était question de la rue arabe qui soutient Nasrallah, sunnites et chrétiens y compris.

Soyons clair le terme ici désigne un magma englobant à la fois les perses, les arabes, les musulmans dans un joyeux amalgame dont les médias sont désormais friands.

Votre serviteur au féminin (serveuse ça m'a paru bizarre, servitrice un néologisme barbare,) elle-même ne sachant pas trop de quelles migrations différentes est composée son ADN(beaucoup de berbère, d'arabe , d'européen sûrement mais bon on s'en fout) se sent concernée.

On a l'impression que cette fameuse rue arabe , dressée comme un seul homme n'aurait rien d'autre à faire que de descendre dans la rue régulièrement (chomage oblige)pour la remplir(ah ces hordes arabes) et satisfaire l’image de ce mythe hystérique new age qu'on cherche à nous faire gober de force à savoir le soi-disant choc des civilisation hungtingtonien.

C’est bien connu , la rue arabe ne se lèverait chaque martin que pour crier vengeance et "à bas bush." en brûlant des drapeaux américains pour certains membres de la rue , plus... équipés on va dire.( bientôt des kits?"toi aussi brule ton petit drapeau en 3 étapes",alumettes comprises)".

Et de s'étonner du pourquoi du soutien inconditionnel à un enturbanné chiite.

Ah ces médias faut tout leur expliquer hein!

Z'ont pas encore compris que même si Nasrallah était zoroastrien , hindou voire animiste, hé ben la rue arabe elle se serait quand même manifestée

Z’ont pas encore compris que Nasrallah occupe le vide d’un peuple en mal de héros.

Z'ont pas encore compris que la rue arabe elle en profite pour pousser une gueulante contre tout ce qui l’ankylose d'habitude, en vrac je cite: bush le philosophe auto-proclamé du millénaire, le problème palestinien,les dictatures locales, le chomage intersideral, l'humilation banalisée, le manque de droits chronique,l’espoir famélique, le système de deux poids deux mesure, l'age d'or enterré, l'unité arabe rassise, la coupe du monde mal retransmise etc.

Il y a un mot en darija marocaine qui résume tout cela : el hogra.

La rue arabe elle manifeste contre el hogra  Mesdames et Messieurs et pas pour nasrallah.

Tout un programme.