02/08/2007

Le zéro et ... le mythe infini

Tu as traîné ce mythe comme une valise marocaine boursouflée de zmagri en mal du pays pendant des années.

Tu y a cru comme tu avais cru aux princes charmants, aux coups de foudre, aux gentleman farmers qui laissent entrer les dames d’abord et à l’ersatz de famille idéale de la petite maison dans la prairie.

Tu te revoyais faire le serment de « meilleures amies du monde » sous le jacaranda du lycée et tu regardais défiler  comme dans un vieux film en noir et blanc vos après-midi insouciantes passées à mater des mangas, apprendre par cœur des feuilletons tire-larmes idiots et réciter des chansons d’amour pour midinettes.

 C’était beau comme une photo sépia.

Et puis vos chemins sont devenues parallèles , elles étouffées par les carcans de « bent ennass », n’osant pas lever un cil sans la bénédiction de leurs mères, pressées de reproduire le schéma indestructible de maison/mari avec pedigree/bonnes/club de gym-/qu’en dira-t’on.

Toi qui prenais le large à la recherche d’un moi insaisissable dans un pays qui ne laisse pas la place à l’individualité.

Adieu les romans écrits à  3 mains en cachette au cours de français avec des héroines sauvages et improbables.

Adieu les rêves de tour du monde en sac à dos destination madras ou saigon.

Tu t’es rendu compte que tu ne pouvais pas leur parler de sexe ni de couple en dehors du politically correct, ni de tes pauvres tentatives d’écriture. C’est là que tu as su que c’était fini : toi en éternel peter pan, elles déjà dans l’adulte-attitude.

Discuter poésie à l’aune de la réalité du metre carré casa-rabat avec nourrison à pondre te semblait hautement hypothétique.

Parler d’orgasme clitoridien à celle qui n’ose toujours pas regarder un mec dans les yeux  te paraissait déplacé.

Tu les croises de temps à autre sur msn pour parler de chose anodines, insignifiantes, jamais de ce qui fait mal .

Tu t’es surpris en exil à faire des castings de meilleure amie sans le reconnaître.

Les blondasses du bureau en talons aiguilles et tailleurs serre-faim qui te bassinaient le crane de week-end à knokke et de lofts bruxellois.

Les gonzesses avachies de la piscine qui dissertaient des heures durant des grippes de leurs schtroumpfs bien aimés et des repas rapides en 30 mn chrono juste avant la série américaine prime time

Les esthéticiennes et coiffeuses au gloss rutilants qui te hurlaient leur passion pour Celine Dion en te gavant de conseils pour raffermir les pores.

Les ménagères éreintées, matadors des supermarchés  chevauchant leurs  caddies en gueulant « kevin «  à pleins poumons.

Tu rentres chez toi ,tu allumes ta becane et ta clope pour errer sur les forums de geeks  et tu avales ta rage en écoutant de la pop rock en mandarin.

 

Alan kuo :ling(zero)

21:23 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

31/07/2007

La virginité ma mère!

Tu te souviens encore du jour où tu l’as perdu avec ton grand amour: timide ,effrayée, tremblante, tu fermais les yeux comme si le loup était dans ton lit. C’était une belle soirée d’été, la fenêtre était ouverte, tous tes sens étaient aux aguets, la brise caressait vos corps alanguis.

Son corps était doux et chaud, il te murmurait des mots rassurants , amoureux pour te dire que le désir était naturel , que tu n’aurais pas mal  et tu te livrais, surprise et intriguée par ton corps qui réagissait instinctivement comme si tu avais attendue toute ta vie cet instant.

Un éclair est passé entre tes cuisses, quelques gouttes de sang minuscules, insignifiantes puis une vague de plaisir soudaine qui t’a bouleversée.

Et tu te souviens encore de tes pensées entre deux respirations haletantes : tout ça pour ça !

Toutes ces années de frustrations, tous ces corps males frôlés et craints à l’adolescence, ces étranges sensations aux creux de tes reins que tu cherchais à fuir, ces garçons que tu évitais de peur d’aller plus loin que les premiers baisers ; ton trouble quand tu voyais leurs jeunes muscles bouger sous leurs corps bronzés, tes questionnements sans fin quand à la schizophrénie des meurs  ambiante.

Tu as pleuré et ri en même temps.

 Ri parce que tu te rendais compte de l’étendue de la mascarade, cette peur de l’ogre ancestrale qu’on t’avait inculquée dès l’enfance, le male dans toute sa splendeur que tu te représentais sous les traits d’un moustachu grimaçant  assoiffé de femelles, ces règles de hchouma d’un autre age que toutes les jeunes filles de bonne famille se devaient de respecter, ce mot amour qu’on ne prononçait jamais ou si peu car même en darija il ne passait décidément pas.

Pleuré parce que tu sentais déjà planer l’odeur des regrets, toutes ces années de jeunesse gaspillée pendant que tu associais les mots mal et faire l’amour, tous ces jeunes gens aux lycée que tu admirais de loin mais que tu n’encourageais jamais, ta sensualité bridée que tu camouflais soigneusement sous des oripeaux de jeune fille modèle trop couverte, tous ces étés de liberté où tu sentais leurs regards sur ton jeune corps mangé par le soleil et où tu t’autorisais à peine un baiser, ces nuques aux boucles brunes rongées par le sel où tu rêvais de passer les doigts , doucement, infiniment.

La virginité ma mère !Un mythe dérisoire de plus dont tu t’es débarrassé pendant l’exil :combien d’autres faux-semblants faudra-t’il  jeter avant de te découvrir réellement …

10:45 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/04/2007

Ecouter ses os...

PAs trop envie de discutailler ou d'analyser quoi que ce soit pour l'instant.

Je profite de ma belle ville de rabat, qui était déjà superbe mais qui le devient encore plus avec les projets pharaoniques qui y voient le jour.

J'avais oublié combien cette ville était verte , agréable et idéale pour les longues promenades.

Le gout retrouvé du croissant de la patisserie ibn yassine à l'agdal...

Mais pas trop envie d'écrire, juste écouter ses os comme on dit chez nous sous le magnifique ciel printanier.

23:39 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

17/01/2007

Pause syndicale de déménagement

Dès que je serai sortie des caisses , je reviens(c'est pas gagné!)

demenagement

 

09:07 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

25/12/2006

interlude

Promis les gonzesses et moi deuxième partie ce sera pour le prochain post.Mais en attendant , la fin de l'année approchant ,je me demande souvent ce que serait ma vie si je n'avais pas choisi la "voie de la difficulté" comme ma famille la décrit.

Si j'étais restée au Maroc après études j'aurais sans doute eu le destin de toutes ces jeunes filles de bonne famille.J'aurais fatalement épousé un gentil médecin, ingénieur ou tout autre quidam avec un "nom" comme on dit,je serai installée dans une maison des beaux quartiers avec bonne et tutti quanti, pas trop loin de la famille.J'aurais continué à prendre le thé avec mes amies en pondant des marmots tous les 3 ans.J'aurais subi les dogmes et les normes en continuant à jouer mon role de petite fille modèle, celle qui n'a jamais eu de problèmes en continuant à baigner dans cette douce schyzophrénie ambiante entre traditions et modernité avec son lot de hchouma, de ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.

Mais je n'aurais sans doute jamais eu accès à mon moi véritable, celui qu'on ne décrouvre que dans l'adversité, face à la solitude , celui qu'on cherche en se  battant contre soi-même , celui qu'on ne découvre qu'en s'affranchissant des règles établies , en épousant l'homme qu' on aime contre vents et marées, en s'investissant dans son travail sans soutiens ni appuis.

Mais bordel je n'aurais sans doute pas eu à peindre par 4°C les murs de ma nouvelle addresse affublée d'une bonne petite combinaison bleue d"ouvrier, ça non!MAis pourquoi est-ce que je déménage toujours au nouvel an aussi!

13:49 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

01/08/2006

Silence, on tue

11:19 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

 Earn your bread

Mais oui mais oui je vous vois venir la pause pub a duré  longtemps.Mais il y avait comme une envie de pas bloguer dans l’air, un rejet soudain de l’exercice vain du fixatoire.

 

Et bien pendant que ce monde de dingues continuait sur ses avancées tragiques voire grotesques si ce n’était aussi dramatique(pas la peine de jouer les journalistes impromptus à Beyrouth suivez mon regard), je retrouvais la smala familiale pour quelques jours.

Griller en famille ensemble me réjouissait outre mesure il faut bien l'avouer.

Quelques veut dire trop peu dans le contexte actuel puisqu’il s’agissait de 10 jours.10 jours où j’ai soudain eu cette poigne au coeur qui vous fait vous apercevoir que vos parents vieillissent et qu’il est temps pour vous de pondre une glorieuse descendance sur cette planète dégénérée.

C’est assez douloureux de constater que vos parents ne sont plus les formidables titans de votre enfance qui semblaient avoir réponse à tout.

C’est effrayant de constater que votre syndrome de peter pan ne vous a pas quitté malgré les années qui passent et que vous ne refusez toujours pas un bon goldorak de derrière les fagots ; alors qu’ado vous aviez l’impression qu’adulte (le terme est laché) une révélation cosmique vous ouvrirait les secrets de la maturité et de la félicité absolue et que le rite de passage s’accompagnait d’un petit manuel à l’intention des nuls de chez nuls de la vie pratique.(le terme est laché aussi).

 

Malgré le soleil, le bruit des vagues et toutes ces images d'épinal il n'y avait plus l'insouciance d'antan.

 

Revenue en belgique le coeur gros de n’avoir eu que quelques jour pour dire à ma famille combien je les aimais(non ça n’arrive pas que dans les films de série B des après-midi de TF1), plusieurs solutions s’offraient à moi pour oublier de déchirement annuel : me replonger dans les travaux de la maison , me replonger dans le monde des costards gris en haut des tours d’ivoire et faire du pain maison.

Ne me regardez pas comme ça mais il s’avère que nettoyer une étable et faire du pain de seigle maison s’avèrent les meilleurs thérapies contre l’éloignement familial et l’oppression des timesheets.

 

Foin de verve j’ai une pres (comme ils diiiiiiiiiiiiseeeeeeeeeeent) à terminer qu’il faudra administrer à une audience hostile qui plus est : peut-être qu’en faisant passer le tout avec du pain de seigle maison...

 

10:37 Écrit par supertimba dans Tout et rien à la fois | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |